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Avenir sans Pétrole

Baisse de la consommation d'énergie: le progrès technologique ne suffira pas !

10 Juin 2014 , Rédigé par Benoît Thévard

Dans un modèle de société qui s'accroche à la croissance comme une moule à son rocher, l'efficacité énergétique devient l'alibi vertueux des politiciens et des industriels. L'efficacité énergétique est le levier des ingénieurs pour tenter de faire diminuer la consommation d’énergie. Concrètement, il s’agit de moyens techniques permettant d’obtenir le même bien ou le même service avec une moindre consommation d’énergie.

Jusqu’au choc pétrolier de 1973, faire des économies d’énergie coûtait plus cher que l’énergie elle-même, c’est pourquoi ni les transports, ni l’urbanisme et l'habitat, ni l’industrie n’ont été conçus pour réduire les consommations. Depuis 1973 et le choc économique provoqué par la hausse du prix du pétrole, tous les secteurs se sont mobilisés pour inverser la tendance.

Baisse de la consommation d'énergie: le progrès technologique ne suffira pas !

Pourtant, malgré 40 années de progrès technologique, la consommation globale d'énergie augmente toujours. C'est pourquoi, deux éléments doivent absolument être considérés avant de pouvoir s’appuyer sur ce levier technique.

L’intensité énergétique de l’économie ne baisse quasiment plus en Europe depuis 2008

L’analyse d’Odyssee-Mure montre que les progrès en matière d'intensité énergétique en UE diminuent, passant de -1,5 % par an entre 2000 et 2007 à -0,6 % par an depuis 2007. Autrement dit, il y a de moins en moins de progrès dans ce domaine, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Dans le secteur de l’industrie et des transports, la tendance s’est même inversée. En effet, la stagnation, voire récession économique provoque une baisse de charge des industries qui ne fonctionnent plus à pleine capacité, et une baisse du taux de remplissage des transports de marchandise (camions, trains ou avions moins remplis).

 


Evolution de l'amélioration de l'efficacité énergétique en Europe. Sur ce graphique l'année 2000 est la référence. On remarque que les courbe de l'industrie et des transports ne baissent plus depuis la crise de 2008.

Evolution de l'amélioration de l'efficacité énergétique en Europe. Sur ce graphique l'année 2000 est la référence. On remarque que les courbe de l'industrie et des transports ne baissent plus depuis la crise de 2008.

L’effet rebond neutralise les effets positifs de l’efficacité énergétique.

L’effet rebond est un phénomène bien connu, mais son impact est largement sous estimé dans les politiques énergétiques. En 1865, l’économiste William Stanley Jevons explique que la consommation d’une ressource peut augmenter à mesure que les améliorations technologiques augmentent l’efficacité avec laquelle elle est employée. Il a fait ce constat à partir de l’introduction de la machine à vapeur de James Watt qui a permis de rendre le charbon extrêmement rentable et de généraliser son utilisation. Même si la consommation pour un usage particulier diminue, la consommation globale augmente.

C’est exactement ce qui s’est passé pour l’économie mondiale dans son ensemble : l’efficacité énergétique progresse depuis quarante ans mais la consommation globale d’énergie ne cesse d’augmenter. Lorsqu’une voiture consomme moins, on peut aller plus vite, plus loin. Lorsqu’une maison consomme moins d’énergie pour être chauffée, on peut monter la température ou utiliser l’argent économisée pour d’autres biens ou services.

Toute politique de réduction de la demande énergétique par l’amélioration de l’efficacité ne pourra pas être satisfaisante si elle ne s’accompagne pas de mesures visant à limiter l’effet rebond.


Les manufactures alimentées au charbon de Manchester au XIXe siècle. Les progrès technologiques qui ont permis l'utilisation du charbon durant la Révolution industrielle ont augmenté de manière substantielle la consommation de ce combustible. (Source: Wikipédia)

Les manufactures alimentées au charbon de Manchester au XIXe siècle. Les progrès technologiques qui ont permis l'utilisation du charbon durant la Révolution industrielle ont augmenté de manière substantielle la consommation de ce combustible. (Source: Wikipédia)

D’après le Centre d’Analyse Stratégique français, aujourd’hui remplacé par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP), le principe de l’effet rebond expliqué plus haut peut annuler jusqu'à 50 % des gains obtenus par une meilleure efficacité énergétique dans le logement. Cela s’explique en partie par les comportements de consommation des usagers qui bénéficient des améliorations techniques.

Par exemple, un couple qui change la chaudière de son logement commencera à économiser de l’argent dès lors que l’investissement aura été remboursé. Si l’argent économisé permet au couple de partir en vacances en avion, les économies d’énergie réalisées peuvent être annulées.

Ceci n'est pas généralisable à toutes les situations, et on imagine aisément que pour un ménage qui ne parvient pas à payer ses factures ou qui se trouve en situation de précarité énergétique, l’impact de l’effet rebond sera limité puisque les gains obtenus permettront simplement aux bénéficiaires de vivre dans des conditions décentes.

En revanche, dès lors que les gains bénéficient à des entreprises ou des ménages dont la situation financière est plus confortable, le capital économique libéré par les économies d’énergies sera assurément réutilisé par ailleurs, pour d’autres usages qui peuvent annuler complètement les gains initiaux. 

Orienter favorablement le rebond

Il convient donc de se questionner sur l’affectation de l’argent économisé par l’efficacité énergétique. Actuellement, cette réflexion est mise en pratique en amont des travaux, grâce au principe du tiers-investisseur. Ce système permet à un ménage ou une organisation de faire appel à un tiers (public ou privé) pour l’aider à financer des travaux de rénovation et se rémunérer sur les économies d’énergie réalisées.

Une fois que l'investissement a été amorti, il faut éviter que les sommes économisées ne soient utilisées dans de nouvelles dépenses d’énergie, mais au contraire, qu’elles le soient dans de nouveaux leviers de réduction des consommations.

Je propose de créer des fonds d’investissement dans lesquels chaque particulier ou entreprise serait incité, par un abondement des Etats, des collectivités territoriales ou des entreprises, à placer les gains réalisés. Les placements abondés pourraient être réinvestis par leur propriétaire uniquement dans de nouvelles mesures d’économie d’énergie ou en tant que tiers-investisseur pour d’autres porteurs de projets (voir schéma ci-dessous). Le cercle vertueux ainsi créé permettrait de tendre vers une réduction réelle et globale de la demande énergétique.

Cercle vertueux des économies d'énergie avec effet rebond contraint

Cercle vertueux des économies d'énergie avec effet rebond contraint

Ceux qui pensent que le progrès technologique à lui seul, dans une économie de croissance, peut conduire à une réduction globale des consommations d'énergie, est dans l'erreur. La transition énergétique devra passer par un changement des comportements, des modes de vie, et par une contrainte de l'effet rebond.

Si vous aussi vous avez des idées sur le sujet, n'hésitez pas à laisser vos commentaires !

 

Article inspiré du rapport "Vers des territoires résilients en 2030"

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Kaiel 17/06/2014 18:27

Sur le blog de P Jorion 2 articles sur l'énergie peut-être des commentaires ( en lien avec cet article) : http://www.pauljorion.com/blog/?p=66085
http://www.pauljorion.com/blog/?p=66119

Kaiel 12/07/2014 10:19

en video c'est déjà très intéressant :http://www.pauljorion.com/blog/?p=65882

sylviane 18/06/2014 19:55

Promis, oui, même si le livre n'est pas une production locale, et donc si le bilan carbone n'est pas forcément bon. Mais oui encore pour le petit commerce.

Par ailleurs, je n'achète que peu de livres (retrouvons les bibliothèques municipales!), et je les achète d'occaze. Je sais, ce n'est pas bon pour les droits d'auteur, (les bibliothèques non plus), mais mieux peut être pour la l'échange et le roulement des marchandises. Ceci pour donner perspective supplémentaire à la complexité de la sortie du système!!!

Benoît Thévard 18/06/2014 18:23

Je soutien la recommandation de Gilles concernant l'ouvrage de François Rodier !
http://www.editions-parole.net/?wpsc-product=thermodynamique-de-levolution-un-essai-de-thermo-bio-sociologie
En revanche, s'il vous plait Sylviane, allez le commander chez votre libraire, comme tous les bouquins dont vous avez besoin. Le petit commerce a besoin de nous pour survivre et nous aurons besoin de lui dans les années qui viennent !

sylviane 18/06/2014 16:06

Merci, je note, j' Amazone d'ici peu.
Ceci étant et sans avoir encore lu le dit bouquin, chaque expérience humaine est particulière, et les effondrements du passé ne seront pas totalement identique à celui ou ceux du futur. Mais l'humain reste l'humain!!

Gilles 17/06/2014 23:49

Sylviane,

Je vous recommande la lecture de "Thermodynamique de l'évolution" de François Roddier qui apporte ses lumières sur les comportements des sociétés lors d'un effondrement.
Je la recommande à tout le monde d'ailleurs !

Un grand Merci à Benoit Thévard pour ce blog.

Gilles 12/06/2014 22:29

A propos de la chute imminente de production du petrole : apres les gaz de schiste, il reste encore beaucoup de charbon à convertir en pétrole (malheureusement pour les generations futures).
Les prévisions de pic pétrolier dont vous faites etat n'ont pas l'air de prendre en compte la ressource charbon...

jean-paul andrea 18/06/2014 09:29

J-n à tous... oui je suis d'accord, survie et reproduction sont des instincts primaires qui font de nous les survivants génétiques de l'histoire des hommes, depuis le début, encore aujourd'hui et demain !
pour moi la "technologie" (énergie) éclaire la nuit (nos peurs, soleil couchant) et la "spiritualité" (énergie aussi ?) éclaire le jour (nos joies, soleil levant).
Pour vous dire je suis dépanneur informatique ... et loin d'avoir un 50/50 tech et spirit !!
Mais pour participer à la transition de manière pragmatique et positive, j'ai besoin d'essais d'ou : www.ess-enterprise.fr pour particuliers et aussi les entreprises (somme de particuliers). bonne journée JP.

Sylviane 17/06/2014 11:16

@flosvn
Très intéressant! Ce qui va se passer au plan social et économique dans les années qui viennent est sans doute hors d'imagination. Pour ce qui concerne les comportements humanistes et évolués que vous évoquez, je crois fermement qu'ils seront bien mis à mal par un environnement agité. En effet l'instinct de survie et les choix moraux ne sont pas gérés au même niveau cérébral et on ne peut malheureusement pas gérer un instinct de nature primaire et puissant comme la survie, par une pensée raisonnée, voir en exemple la panique.
Par ailleurs, qu'il s'agisse de stratégie de choc ou d'éducation populaire, il faudrait programmer l’incontournable et réaliste "comment" faire, ce qui n'est jamais évoqué nulle part. L'espérance diffuse en la matière est qu'une somme de comportements individuels volontairement restrictifs va produire un changement collectif, ce qui n'arrivera pas. Nous sommes tous prisonniers par exemple du fait de devoir payer notre mode de vie par le travail et ce travail implique dans la quasi-totalité des cas des déplacements directs ou non.
Il faut compter avec l’inertie des sociétés et la résistance aux changements qui vont causer un retard d’adaptation de cette société au manque énergétique. Il va falloir s’adapter dans la douleur, le chômage et la violence probable qui en découlera, générée par ce fameux instinct de survie.
Et n’oublions pas que si la génération senior à laquelle j’appartiens a connu une enfance et une adolescence au quotidien sans téléphone fixe, sans voiture, sans avion, sans escapades de week-ends, avec une seule chaine de télévision…ce n’est pas le cas de la génération suivante.
Pour finir, les économies d’énergies sont souvent envisagée sous le seul angle encore une fois de l’individuel, de l’isolation des logements et de la diminution des déplacements. C’est faire peu de cas du fait que l’énergie est en plus grande part consommée par les entreprises, structures procurant les emplois ! Sous cet angle, c’est l’emploi, déjà en manque croissant, qui est cause et sera victime des tribulations de l’approvisionnement énergétique.

Benoît Thévard 17/06/2014 10:20

@Gilles, en l'état actuel des choses, le pic de charbon devrait intervenir vers 2050. Le rendement de transformation du charbon en carburant liquide est très mauvais et la technologie très coûteuse, c'est la raison pour laquelle le production actuelle est marginale (0.2 à 0.3 Mb/j au niveau mondial alors que la France à elle seule consomme 1.5 Mb/j). Par ailleurs, les qualités de charbon sont très variables et le meilleur a déjà été exploité.
Enfin, une sur-utilisation du charbon pour faire des liquides provoquerait un rapprochement du pic de production. Bref, à court-moyen terme, cela ne change rien. Les quantités d'énergies fossiles sont encore très importantes mais cela ne veut pas dire qu'elles resteront accessibles et utilisables pour une société industrielle comme la nôtre (voir mes articles sur l'énergie nette).

avionnette 13/06/2014 10:50

concernant le charbon, il semblerait que les réserves soit beaucoup plus faibles qu'évaluées jusqu'à présent soit que les calculs étaient faux soit qu'ils ne prenaient pas en compte le report de la consommation énergétique du pétrole finissant sur le charbon. ça ne règle en rien la question des émissions mais peut-être l'imminence du changement de mode de vie

Régis 13/06/2014 10:20

Effectivement, ni d'ailleurs le méthane que l'on commence à prospecter dans les grands fonds. Le pétrole va venir à manquer relativement vite, mais les énergies fossiles sont encore largement suffisantes pour saccager plusieurs planètes, hélas ...

hartmanshenn 12/06/2014 16:07

tres interessant
mais la recette pour ' un changement des comportements" la connaissez vous , a coup sur ????

flosvn 16/06/2014 17:41

Pour faire changer les comportements je ne compte pas sur la logique de l'homme mais sur son instinct de survie. L'instinct de survie supplante tous types de morale. (Je suis un humaniste et un être évolué, je privilégie la morale à l'instinct dans ma vie personnel.Cependant c'est un constat que je fais avec amertume quand je considère l'ensemble de l'humanité et son histoire.)

L'instinct de survie se traduit dans une société d'abondance par l'instinct de domination envers son prochain.
Celui qui domine l'autre qui favorise son intérêt personnel ou son profit à celui des autres a le plus de chance de survie. Bien avant tout principe moral, c'est cet instinct de domination qui est à l'origine de notre civilisation. En terme économique il se traduit par la réflexion d'Adam Smith "Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu'ils apportent à leurs intérêts. ". En terme moral il est à l'origine de l'esclavage et du racisme. Cela fait plus de 2000 ans que la moral dit que tuer ce n'est pas bien, cela n'a jamais empêché les guerres, l'instinct de domination a toujours été plus fort. 2 guerres mondiales ont freinées légèrement l'application de l'instinct de domination par la guerre, parce-qu'un consensus s'est plus ou moins formé pour dire que cela n'était pas rentable comme c'était le cas avant pour l'esclavage. L'instinct de domination a mûté, il était plus profitable de dominé par l'économie que par la guerre ou l'esclavage.

Dans une environnement en pénurie de ressource on observe parfois (comme je l'ai écris dans mon précédent post) que l'instinct de survie se traduit par une coopération sans compétition (sans domination). Pour faire changer de comportement le but est de faire prendre conscience que notre civilisation est déjà ou va rentrer dans une période de pénurie, que la société de consommation (traduction de l'instinct de domination) ne peut conduire qu'à la crise économique puis à la guerre puis aux génocides.
Le meilleur moyen d'y arriver est la stratégie du choc. Cela a très bien marché pour la guerre contre le terrorisme. Quelques attentats bien médiatisés ont déclenchés 2 guerres et plongés le monde dans un délire sécuritaire. Le but est de créer une peur au sein d'un groupe par un choc et d'orienter les actions du goupe en donnant une explication et une solution préparéé à l'avance.
Dans notre cas, le ou les chocs peuvent être des crises économiques, ce qui devrait arriver naturellement pas besoin d'en déclencher artificiellement. L'explication peut être la suivante:"Si l'économie va mal, c'est parce-que la productivité va mal. Si la productivité va mal c'est parce-que les ressources énergétiques vont mal. Dans un monde où l'économie et la consommation croissent, et ou les ressources énergétiques sont de moins en moins accessibles et de moins en moins rentables, il y aura forcément un moment où tout va aller mal. La seule solution c'est de consommer raisonnablement et de changer notre mode de vie!" . Ici il ne s'agit pas de culpabiliser mais de faire peur (En ayant recours à la morale on culpabilise, généralement cela provoque une réaction de défiance.). Il faut faire en sorte que la peur soit canalisée par l'explication et la solution proposée. Le but est de faire assimiler, qu'une coopération sans compétition est plus profitable et permet d'assurer la survie avec plus d'efficience, non pas en utilisant la raison mais en stimulant l'instinct de survie. Il faut contrecarrer les autres solutions et explications dont l'origine est l'instinct de domination ("c'est la faute des étrangers qui volent notre travail, donc nos ressources", "on va voler les ressources des pays du tiers monde",...). Le meilleur moyen pour cela est de vendre une solution qui aura fait l'objet d'un étude sérieuse et qui discréditera les fausses solutions (dont il faudra démontrer l'absurdité).

J'admets que la stratégie du choc, peut parraitre radicale, (stimuler par la peur une population et canaliser ses réactions), mais observez avec recul l'actualité mondiale et vous comprendrez qu'elle est déjà utilisée. L'utiliser me semble légitime parce-qu'avant que la population mondial ne se comporte consciemment ou inconsciemment comme des inuits (parce-que l'environnement est de plus en plus pauvre en ressources) ma crainte est qu'il risque d'y avoir de nombreuses crises au conséquences fatales.

avionnette 13/06/2014 21:23

rappelons tout de même la nature irrationnelle, émotionnelle, de l'humain. sa logique, qui sans être inexistante, ne peut être un outil fiable. Aussi dire, une fois la conscience acquise, alors les comportements changeront (en supposant qu'il n'y ait pas une volonté de ne pas prendre conscience) est une implication illogique, infondée.
la morale quant à elle, j'entends les règles de vie en société, s'impose à l'individu sous peine d'auto-exclusion. voilà un outil fiable et puissant. si l'état balance 50 fois par jour à la télé, la voiture c'est pas bien ou que c'est ringuard, alors la voiture passera de mode. reste la question de l'accès aux moyens de propagande, limité pour les forces alternatives. compte tenu de cette limitation, il y a lieu de se poser la question du discours rationnel et technique ou du discours moral et émotionnel.

flosvn 13/06/2014 20:24

La recette pour un changement des comportements existe déjà dans la nature et chez certaines populations qui vivent dans des milieux hostiles.
Lorsque les ressources sont quasiment inexistantes et suffisent à peine à assurer la survie on observe des animaux qui établissent des relations symbiotiques ou des hommes qui collaborent sans compétition (exemple des grands fonds marins, des populations inuit ou de la jungle). Ils économisent leurs ressources disponibles. Ils le font car c'est le seul moyen pour survivre. Aucune convention n'est écrite chacun le fait inconsciemment.
Aujourd'hui les discours moralisateurs ne marchent pas, parce que chacun en consommant et en accumulant des richesses croit qu'il améliore ainsi pour lui-même ses chances de survie. (les gens n'aiment pas les écologistes qui s'en prennent à leur liberté de consommation)
Pour faire changer les comportements il n'y a qu'une seule chose à faire.
Faire prendre conscience à la majorité que le système actuel de consommation et dépense énergétique ne peut mener qu'à une impasse càd la fin de la civilisation moderne. Il est logique que la fin de ce qui est à l'origine de la prospérité d'une civilisation ( une source d'énergie facile) cause sa chute.

avionnette 12/06/2014 21:25

en effet le clé en main, principe de notre temps productiviste, n'existe pas en politique. on peut cependant travailler à favoriser l'émergence d'un monde nouveau, en contestant tous les jours et de toutes les façons possibles l'ordre établi, évidemment hors des chemins de contestation balisés par cet ordre, et en rabâchant sans relâche les idées alternatives et subversives.

sylviane 12/06/2014 18:40

Ries ne peut être connu "à coup sur" pour ce qui concerne l'avenir, qui par définitnion n'existe pas encore. par ailleurs, l'oléocène et sa fin sont des expériences uniques dans l'histoire de l'humanité, donc,impossible de savoir...

avionnette 11/06/2014 23:26

Bonjour
Le développement de technologies moins énergivores a en outre le léger défaut de se faire, quand il se fait, grâce à une augmentation de complexité technologique, consommatrice d'énergie et de matières premières plus importante, toutes choses en voie de disparition. pas très sérieux comme solution, même sans effet rebond.
La seule transition véritable est celle de la sobriété, dont il y a lieu d'envisager la mise en place par la loi, j'entends une loi légitime, une loi démocratique ou le peuple dans son entier décide. l"idéal serait que cette sobriété soit volontaire, fruit d'une vertu écologique nouvelle et généralisée. Une telle vertu, apprentissage culturel, n'a aucune chance de se développer si l'on ne tente pas de la faire naître. Aussi toute proposition technologique, financière, ou autre visant un traitement de la question énergétique doit dans le même temps s'accompagner de propositions idéologiques, autrement dit de propositions de philosophie morale qui disent ce qui est bien ou mal, ainsi que le dit la société en de multiples champs. Or ce n'est pas ce qui se passe, seules les propositions techniques, de faible portée, sont énoncées en évitant soigneusement le volet moral du problème, de portée immense, mais s'opposant frontalement à notre absolu libre-arbitre et notre très élaborée pensée relative. Il nous faut donc ramer à contre courant sur la morale et non sur les pratiques qui n'en sont que l'émanation.

Benoît Thévard 17/06/2014 10:10

Je suis d'accord, il faut repenser le système, sortir de la société de croissance et aller vers le low tech et la sobriété. Mais en l'état actuel des choses, quels leviers pouvons-nous actionner pour infléchir certaines tendances ? Doit-on attendre le grand changement des consciences pour tenter de modifier le cours des choses, tout au moins au niveau local ?

avionnette 12/06/2014 21:17

Vous m'aurez mal lu.
seule est efficace ce qui a pu être temporairement une contrainte, comme une loi à sa promulgation, mais après quelque temps devient une habitude, un principe moral. une contrainte qui reste une contrainte avec le temps, est vouée à être contestée, contournée, ce qui justifie un dispositif de contrôle et de répression.
mais c'est bien la valeur qu'il faut fait évoluer et le non le comportement qui en découle, ce qui autrement consiste à traiter le problème par son symptôme.

Régis 12/06/2014 11:37

Tout à fait : le durable est simple !
Pour ce qui est de la consommation vertueuse, si elle n'est pas contrainte, je n'y crois pas.
Même la contrainte utilisée doit être bien trouvée. par exemple : les procédés utilisés pour baisser la consommation d'énergie des logements verront leurs prix exploser si on augmente brutalement le prix de l'énergie (encore un effet d'aubaine).

François Bruyant 11/06/2014 19:00

D'accord avec Eric Souffieux, tant que le prix de l'énergie est faible, pourquoi changer ?
Au lieu de monter des usines à gaz de subvention, de certificat d'énergie, de labels en tous genres, ne vaudrait il pas mieux augmenter le prix de l'énergie de manière subtentiel quitte à donner un revenu "énergie" au plus modeste, afin que les travaux d'économie d'énergie et que les investissements dans le EnR soient rentables.

Benoît Thévard 17/06/2014 10:06

Je suis d'accord avec ce principe d'augmentation progressive des coûts de l'énergie. Mais en l'absence d'une telle politique, l'idée est de trouver d'autres leviers qui permettent de conduire à des pratiques vertueuses au niveau local.