Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Avenir sans Pétrole

Analogie de l'Homme et du nénuphar

18 Octobre 2010 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Regard critique

Le nénuphar se développe sur un immense étang, calme et tiède, bénéficiant d'un soleil généreux.

 

Il double sa surface chaque jour, produisant de nouveaux rhizomes et étalant sur l'eau ses larges feuilles rondes, parmi lesquelles sont disséminées des fleurs solitaires blanches.

 

Depuis 49  jours, il a crû sans cesse. Il vient de couvrir la moitié de l'étang. Quand aura-t-il couvert la totalité ?

 

La réponse est ... le 50ème jour ! c'est-à-dire le jour suivant.

 

Nenuphar_blanc.jpg

Photo Nicolas Grandjean, 2004

 

 

Si nous posions au nénuphar la question des limites de l'étang durant le 45ème jour de sa croissance, il dirait qu'il ne les connaît pas ; il n'a jamais vécu qu'un état d'abondance, l'environnement est manifestement illimité. Ce jour-là, il n'a guère couvert plus de 3 % de la surface, il ignore le reste.

 

Si nous lui posions la question durant son 48ème jour, peut-être nous dirait-il que les différentes sentinelles, les fleurs qui s'épanouissent aux bordures de sa croissance, ont rapporté des évènements troublants. Il semblerait que l'étang ait des limites. Ces observateurs auraient pu dire, à l'instar de Paul Valery en 1945: "Le temps du monde fini commence." Mais nul n'imaginerait en tenir compte.

 

Certains auraient insisté durant le 49ème jour sur l'aspect stupéfiant de cette vitesse du rétrécissement, mais chaque partie aurait continué à s'occuper d'elle-même, à créer de nouveau rhizomes, à produire de nouvelles fleurs.

 

Ce n'est sans doute qu'au début du 50ème jour, comme la surface libre de l'étang diminue à une vitesse jamais vue, que le nénuphar aurait été frappé de stupeur. Jusqu'à ce moment, il n'aurait pensé qu'à croître avec insouciance, chaque tige se développant pour elle-même.

 

Mais à la fin de cette journée, que va-t-il se passer quand toute la surface sera couverte et qu'aucun autre être vivant de l'étang ne recevra plus la lumière du soleil ?

 

 

Ce texte est issu du livre de Michel J.F. Dubois (2009): "la transition énergétique" (p29-30).

 

transition-ener.jpg

 

Je souhaitais partager avec vous cette analogie que chacun pourra illustrer à sa manière et en fonction de ses propres sujets de préoccupation, qu'il s'agisse de biodiversité, d'énergie, d'eau, de démographie etc ...

 

Je voulais également introduire un article à venir dans lequel j'aborderai en détail le sujet de la résilience.

 

Nous pouvons, dans le cadre de ce blog, faire un parallèle avec le pic pétrolier et l'insouciance de la plupart des citoyens et des décideurs. En effet, ceux-ci semblent incapables de comprendre que plus nous augmentons le rythme de production de pétrole et plus nous atteindrons rapidement les limites des gisements.

 

 

L'Homme, comme le nénuphar, fait partie de l'écosystème planétaire. Mais il dispose d'une capacité d'anticipation que ne possèdent pas forcément les autres espèces.

 

Saura-t-il l'exploiter ?

 


Partager cet article

Commenter cet article

Phyvette 20/10/2010 01:00



Vous auriez aussi bien put prendre la parabole de la grenouille ébouillantée.


L'homme saura-t-il exploiter sa capacité d'anticipation, et se projeter dans son avenir ? On peut en douter en regardant autour de soit.


Il me revient a l'esprit ça :


"Difficile pour un homme de comprendre une chose si son salaire dépend de ce qu’il ne la comprenne pas."
Citations de Upton Beall Sinclair