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Avenir sans Pétrole

L'Etat envisage l'avenir sans pétrole ! (même s'il ne le dit pas trop fort)

28 Août 2010 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Regard critique

 

Nombreuses sont les critiques possibles à l'encontre du gouvernement et de ses choix politiques. Chaque jour est le théâtre de nouveaux débats, de nouveaux scandales et de décisions davantage populistes et démagogiques que réellement politiques et structurantes.

 

Pourtant, c'est la partie émergée de l'iceberg que nous observons. Les médias de masse préfèrent étaler, comme la confiture, une information souvent insignifiante plutôt que d'intéresser la population à des questions déterminantes pour notre avenir.

 

iceberg.jpg 

 

Que se passe-t-il sous la surface de l'eau ?

 

Je voudrais vous parler de la Mission Prospective du ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire (MEEDDAT).

 

Parce qu'au delà de l'ouverture des supermarchés le dimanche, de l'identité nationale ou du droit de rester dans un hall d'immeuble, certains se demandent quand même: A quoi ressemblera la société à l'horizon 2020, 2030 ... 2050 ?

 

Cette mission, dirigée par  Jacques Theys, a pour objectif d'animer des réflexions, de communiquer et de réaliser des travaux sur les "modèles et transitions de long terme vers un développement durable".


« Hier inconcevable – sauf pour quelques visionnaires isolés – la perspective d’une société «post-carbone» est aujourd’hui discutée et prise en compte jusque dans les instances internationales les plus prestigieuses : les Nations Unies, le G8 (ou G20), la Banque Mondiale, l’OCDE, la Commission Européenne … La mission Prospective du ministère de l’Écologie vient quant à elle d’engager un exercice de construction de scénarios (…) »

 

Ces mots écrits par Jacques Theys en Juillet 2009 ont une importance toute particulière. Ils montrent que l’Etat envisage une transformation profonde (subie ou préparée) de nos modes de vie. Ce qui n’est pas rien !

 

villes-post-carbone.jpg


Même si le gouvernement n’est pas en mesure d’assumer actuellement cette situation de transition (encore trop tôt ?) le financement de missions prospectives de ce type démontre simplement qu’il faudra envisager le changement.


Jacques Theys explique que trois scénarios post-carbone sont envisagés :


Scénario 1 :  l’attentisme intelligent attendre.png


« Pour des raisons socio politiques ou financières, toute intervention massive sur l’habitat existant ou les structures urbaines est jugé irréaliste ; et les actions se limitent donc à une gestion réactive des opportunités ou des contraintes externes. Il s’agit de s’adapter au moindre coût à un contexte en grande partie subi – mais aussi de privilégier les mesures directement efficaces à court-moyen terme en s’appuyant sur l’argument d’urgence »

 

Scénario 2 :  volontarisme


« renouvellement massif des infrastructures urbaines et énergétiques permettant de faire face à la fois au risque climatique et au risque pétrolier. (…) cette seconde hypothèse passe par plusieurs changements d’échelle par rapport aux actions exemplaires déjà engagées dans plusieurs villes:


- renouvellement énergétique » des logements et bâtiments anciens

- restructuration des systèmes locaux d’approvisionnement ou de production énergétique

- infrastructures de protection contre les conséquences du changement climatique (élévation du niveau de la mer, risques d’inondation, d’incendie, de cyclones, climatisation…)

- infrastructures de transport collectif avec comme objectif la règle des trois tiers appliqués à Fribourg (1/3 d’automobiles, 1/3 de transports en commun et 1/3 de modes doux)»


Scénario 3 :  reconfiguration des territoires urbains


« agglomérations plus compactes, mieux équilibrées, alliant mixité fonctionnelle et mixité sociale, bien structurées par des réseaux de transport collectif performants… En réalité c’est aussi le scénario le plus difficile à concevoir pour deux raisons :


Obstacle scientifique : controverse importante sur ce que pourrait être une structuration urbaine « idéale » du point de vue énergétique et du risque climatique.

Obstacle socio politique : surmonter le scepticisme dominant sur la possibilité de changer en profondeur ou même simplement d’infléchir les structures et localisations urbaines


Ces scénarios font l’objet d’études, d’appels à projets de groupes de réflexion et de pilotages de travaux.


La ville de Fontainebleau, par exemple, a mené une étude locale de transition post-carbone avec le soutien du MEEDDAT. Plusieurs autres territoires effectuent cette démarche actuellement (Grenoble, Tours, Mulhouse, Lille, Plaine de France). Puis il y a également toutes les initiatives populaires de villes en transition qui naissent un peu partout dans le monde.


Tous ces projets sont vraiment intéressants et mériteraient d’être bien plus médiatisés car ils constituent les bases de notre vie future. Malheureusement, comme je l’indiquais en début d’article, ces informations ne sont surement pas assez « légères » pour être traitées au 20H des grandes chaînes !


 
  

La manière d’envisager le changement peut varier énormém ent.  

Ce que pr opose la société Résalience (dont je suis à l’initiative) fera l’objet d’un autre article. Il s'agit de proposer un diagnostic du niveau de résilience du territoire, permettant de me ttre en évidence les vulnérabilités aux problématiques énergétiques, climatiques ou  économiques et afin de pouvo ir mettre en oeuvre les actions correctives. 

Résalience

 

 

Dans tous les cas, ce billet a pour objectif de mettre en valeur la réflexion au niveau de l’Etat sur l’avenir sans pétrole. Ce qui ne veut pas dire pour autant que nos gouvernants assumeront des changements rapides de nos modes de vie !


Et puis cela ne vient-il pas encore appuyer la cohérence de ce blog sur la nécessité d’envisager un avenir sans pétrole ?

 


 

 

 

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