Partager l'article ! Comprendre le pic pétrolier ! (mise à jour 05/2011): Lorsque l’on parle du pic pétrolier ou du pic de production, c’est ...
Lorsque l’on parle du pic pétrolier ou du pic de production, c’est à la notion de capacité de production que nous faisons appel. Celle-ci a été expliquée dans un autre article.
Tous les gisements de ressources fossiles ou minérales, tels que ceux de pétrole, présentent à peu près le même type d’évolution.
Il y a tout d’abord les découvertes de gisements. La courbe suivante montre que nous avons atteint le pic vers 1960 et que depuis, malgré quelques découvertes occasionnelles, leur nombre et leur importance n’ont cessé de diminuer.
Cette courbe est évidemment simplifiée mais pas très éloignée de la tendance réelle, comme vous pouvez le constater sur ce graphique:
Il est évident que nous ne pouvons extraire du sol que le pétrole que nous avons découvert. Il est donc logique que la courbe de production présente globalement le même type de forme.
Après avoir découvert les gisements, vérifié la rentabilité des projets, mis en place les outils d’extraction, la production peut commencer avec quelques années de décalage.
Même remarque que pour les découvertes, cette courbe de production simplifiée n’est pas très éloignée de la courbe réelle, hormis la période du choc pétrolier de 1973 qui a vu pour la première fois une diminution du rythme de production.
Il y a donc eu, globalement, une augmentation très importante jusqu’à ce jour.
La zone verte située sous cette courbe représente la quantité totale de pétrole qui a été extraite. Nous avons consommé environ 1200 Md de barils, soit près de la moitié des réserves.
Il n’est donc pas question de dire que nous n’avons plus de pétrole, puisqu’il en reste la moitié ! Mais la question est de savoir quelle forme aura la courbe à partir d’aujourd’hui.
Si nous considérons la capacité de production actuelle (31 Gb/an) et les réserves prouvées qu’il reste à extraire (1354 Gb) alors nous pouvons dire qu’il reste environ 45 ans de consommation au rythme actuel.
C’est ainsi que beaucoup estiment le temps qu’il nous reste avant les problèmes !
En représentant ce calcul simpliste sur le graphique, nous voyons alors que nous avons un plateau pendant 45 ans et qu’en 2055, du jour au lendemain … il n’y a plus rien !
Nul besoin de grande expérience et de connaissances techniques approfondies pour comprendre que cette façon de calculer n’est pas correcte. En effet, dans la réalité, les choses ne sont pas si simples.
Même si nous disposons encore de la moitié des réserves, le pétrole qu’il nous reste sera le plus difficile à extraire. Cela va compliquer sérieusement le travail des compagnies pétrolières et le rythme d'extraction ne pourra plus augmenter.
La forme de la courbe ressemblera plutôt à cela, c’est-à-dire avec une diminution progressive.
La forme exacte est impossible à prédire puisqu’elle dépend de nombreux paramètres. Mais avancer l’argument que nous serons encore tranquilles pendant quarante ans est insensé.
En effet, la production pourrait passer par une période de stagnation formant un plateau, ou nous pourrions également, comme en 1973, passer par une grave crise géopolitique ou financière qui viendrait diminuer la demande et ainsi repousser le pic.
L'hypothèse la plus probable serait une succession de périodes de croissance et de recession, formant un "plateau
ondulant" jusqu'au déclin inévitable de la production.
Nous avons donc expliqué la forme de la courbe de production:
Elle commence à zéro, passe par un maximum puis redescend vers zéro.
Reste à déterminer quand aura lieu ce maximum, si la diminution sera douce ou brutale.
Le graphique ci-dessous reprend les vingt-deux scénarios de référence actualisés (Agence internationale de l’énergie, OPEC, Total, Exxonmobil, Shell …).
On constate alors la très forte croissance de 1950 à 2010, avec une baisse de production de 8 millions de barils par jour lors du choc pétrolier en 1973.
Les prévisions, quant à elles, varient énormément, du pire scénario donnant une chute brutale dès 2010, au plus optimiste ne prévoyant pas la moindre baisse de production avant 2100.
Cependant, si on regarde la courbe moyenne de ces vingt deux scénarios, elle passe par un maximum de 93 millions de barils par jour (87 Mbd en 2010) en 2022.
On peut supposer que les compagnies pétrolières sont les mieux à même de juger des réserves disponibles et des capacités de production. Or, leurs courbes sont généralement les plus pessimistes.
L'agence internationale de l'énergie a indiqué que nous avions dépassé le pic de pétrole conventionnel en
2006. La courbe ci-dessous, qui continue de monter jusqu'en 2035, n'est qu'un effet de style pour ne pas affoler les marchés. En effet, les deux "?" que j'ai rajoutés
sont des gisements qu'il reste à développer ou mieux, qu'il reste à découvrir !! Dans la mesure où nous avons passé le pic des découvertes en 1960, je vois mal comment nous
pourrions les augmenter à l'avenir !
Certains scientifiques isolés comme Claude Allègre refusent encore d'y croire, notamment parce qu'il s'agit d'une théorie qui, comme celle du réchauffement climatique, s'oppose de fait à la croissance perpétuelle de notre économie.
L'ASPO s'est donc empressée de répondre publiquement aux affirmations encore et toujours trop rapides de ce personnage, finalement plus médiatique que scientifique.
Les dernières prospectives sur le sujet sont indiquées dans cet article.
Je vais conclure en disant que tous les experts sont aujourd'hui en accord sur la notion de pic
(valable pour toutes les ressources minérales et fossiles). Le seul point de débat, c'est notre capacité à compenser le déclin.
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Ce qu'il faut par ailleurs mettre en évidence, c'est la décroissance...
des prévisions de l'AIE, qui annoncait plus de 120 Mbpj pour 2030 en 2005,
puis 110, puis 100, puis 95. Des projections revues à la baisse de 30% en 5 ans,
est-ce bien raisonnable ?
Bien noter également leurs hypothèses:
- si les opérateurs effectuent des investissements massifs dans l'exploration (alors qu'on constate le contraire depuis 5 ans)
- si les tensions géopoliques s'apaisent dans certains pays (irak, Iran, kazakstan,...)
- si les pays mettent tout en oeuvre pour respecter les engagements prononcés à Copenhague (on peut toujours rêver...)
- s'il n'y a aucune crise économique d'ici à 2030 (alors que les économistes nous expliquent que les crises, c'est cyclique et inévitable)
ALORS il n'y aura aucun problème d'approvisionnement
Dit autrement : si j'ai bon le premier numéro, le deuxième numéro,...
ALORS je gagne au loto et je suis riche
Ca ne marche que dans le monde de Oui Oui ;-)