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Avenir sans Pétrole

Conférence ASPO 2012 (1ère partie): la crise pétrolière est toujours imminente

7 Juin 2012 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Pic pétrolier

De retour de Vienne, après avoir passé trois jours à parler de l’énergie en général et des hydrocarbures en particulier. Ma principale attente dans le cadre de ces conférences, c’était le retour d’expérience sur l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels (sables bitumineux, gaz et huile de schiste, Coal to liquid…) car ce sont les seules ressources évoquées pour sauver la face des sociétés industrielles.

 

Bien d’autres sujets ont été abordés, dont certains pour le moins surprenants comme une conférence sur l’utilisation du pellet (granulé de bois) comme une alternative au pétrole.

 

Cette première partie évoque le contexte global et l'article suivant abordera les aspects plus techniques et géopolitiques.


Le scénario de Robert Hirsch


Ancien directeur de la prospection pétrolière chez Exxon Mobil, Robert Hirsch  est très connu pour son rapport commandé par l’US Department of Energy en 2005. Il a commencé par donner sa vision, indiquant que la production globale commencerait son déclin entre 2013 et 2016, à un rythme compris entre 1 et 4% par an.

 

hirsch.jpg

 

Le reste de sa présentation était destiné à analyser le déroulement du choc pétrolier de 1973 pour imaginer et préparer les réactions futures des gouvernements et des peuples. Nous avons assisté, dans une ambiance peu propice à la fête et à l’optimisme, à une revue de presse chronologique des événements de l’époque. Voici quelques extraits:


  • 17 juin 1973 : le congrès se demande qui est responsable de la fermeture de 2000 stations service à travers le pays et les agriculteurs se plaignent qu’il n’y a plus assez de carburant pour les tracteurs.
  • 20 juin 1973 : Toujours plus de stations indiquent qu’elles ferment prématurément et le quatrième camion d’essence à été détourné en Floride.
  • 29 juin 1973 : La crise énergétique provoque de nombreux débats, mais peu d’action.
  • 8 juillet 1973 : Des voix s’élèvent pour demander la nationalisation de l’industrie pétrolière.
  • 20 août 1973 : le mouvement écologiste pourrait perdre le soutien de la population, à moins qu’il ne propose une approche plus pragmatique de la crise énergétique etc.

 

Après avoir retracé l’évolution de la crise, il résume ce qui s’est passé à l’époque … et pourrait arriver de nouveau :


-          Prix très élevés des carburants

-          Récession et chaos

-          Licenciements, interruption de services, fermetures de stations services

-          Colère de la population, impatience, confusion et désespoir

-          Confusion des dirigeants non préparés et dans l’impasse

-          Rationnement par l’industrie et les gouvernements

-          Inflation, taux d’intérêts élevés, diminution des stocks

-      Conflits entre préoccupations environnementales et recherche de solutions d’urgence

-          Vols de carburant etc.


Une présentation sombre et grave, qui nous a rappelé ce dont nous avions déjà plus ou moins conscience, mais en démontrant que nous n’avons pas tiré les leçons de l’histoire.

 

choc pétrolier


De nombreuses questions subsistent


Le nombre de scénarios concernant la production, la consommation OU l’évolution des prix des hydrocarbures sont pléthore, considérant que toutes choses restent égales par ailleurs ! En revanche, l’analyse des liens entre ces trois tendances est très complexe et reste, comme l’a indiqué Jeremy Gilbert,  quasiment inexplorée. Comme pour l’évolution du climat, le nombre de variables est tel qu’il semble inévitable de poser des hypothèses pour simplifier le problème. Mais dans la réalité...


-   Quelle est l’influence du prix sur la demande ?

-   Quelle est l’influence de la volatilité des prix sur les investissements ?

-   Quelle sera la réaction des populations aux mesures prises par les gouvernements ?

-   Quelle sera l’évolution de la démographie ?

-   Comment évoluera le niveau de vie et selon quelle répartition ? etc.


Si on ajoute à cela les incertitudes concernant l’évolution de la technologie et la manipulation des chiffres publics, on comprend pourquoi il est impossible de prévoir avec une grande précision notre avenir énergétique. Certes, cela n’empêche pas de proposer des tendances, mais pendant ce temps, les gardiens de l’ordre établi peuvent préserver le modèle actuel … pour cause d’incertitudes !

 

Le prochain article abordera l'avenir des hydrocarbures non conventionnels et les aspects géopolitiques.

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Ardent 09/06/2012 19:00


Vivement le déclin du pétrole, de tous les pétroles (tous liquides) pour que l'on retrouve enfin la vraie vie.


 

Benoît Thévard 14/06/2012 12:03



Entre les deux, il risque d'y avoir une période de transition un peu compliquée ! A nous de la rendre supportable.



Cyril 07/06/2012 22:06


Merci pour ce retour, on attend la suite avec impatience