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Avenir sans Pétrole

Crise systémique : le calme avant la tempête ?

3 Juillet 2012 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Regard critique

Cela fait maintenant deux mois que j’ai posé mes valises, sédentarisation provisoire d’un troubadour de l’après-pétrole ! Me voilà derrière mon bureau pour réaliser une étude sur l’impact du pic pétrolier sur l’Union Européenne … tout un programme !


Pourtant, avec ce changement de rythme et cet été qui débute, je ressens comme un flottement, un effet d’apesanteur pour une société qui a perdu ses repères. Tous les voyants sont au rouge et notre modeste conscience humaine tente de filtrer, tempérer, modérer l’impact émotionnel des innombrables constats alarmants.

 

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Le monde entre en récession globale avec une incapacité à maîtriser/ralentir la progression du chômage de masse et de longue durée

 

Les tensions géopolitiques (notamment au Moyen-Orient) approchent du point d'explosion régional (Iran, Syrie, Israël…)

 

Les USA renforcent leur présence en mer de Chine et font des exercices militaires

 

La dette des états ne cesse de s’alourdir

 

La perte de biodiversité menace l’Homme

 

Le seuil des 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère a été dépassé

 

Les rétroactions du réchauffement climatique sont déjà perceptibles

 

Des décisions irresponsables sont prises en raison de la dégradation de l’économie, comme l’exploitation prolongée de centrales nucléaires vieillissantes

 

Les objectifs d’efficacité énergétique prévus ne seront jamais atteints

 

Les énergies fossiles non-conventionnelles sont intégrées dans les mêmes chiffres que les énergies conventionnelles. De fait, l’exploitation polluante des sables bitumineux, du pétrole extra-lourd et des gaz et huiles de schiste deviennent la norme.

 

Certains Think Tanks donnent l’alerte rouge pour l’économie mondiale à l’automne

 

Bref, sommes-nous même capables d'intégrer toutes ces informations, de les prendre en considération, de les assumer et de vivre sereinement avec de telles perspectives ?


Probablement pas, alors nous évoluons au cœur d’une société schizophrène.


Nous vivons au milieu de ces constats effrayants dont tout confirme qu’il ne s'agit pas de simples discours d’écolos pessimistes et malveillants. L’humanité est tombée dans le piège d’un progrès qui la conduit vers un avenir trouble, mais ce même progrès lui permet également de constater son œuvre, de mesurer son impact, d’évaluer causes et conséquences. Ainsi, chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles et d’aggravations … mais la vie continue, comme si de rien n’était.  

 

 

 

 

 

Alors nous devons sans cesse composer avec nos contradictions:

- Lutter contre les autoroutes ou les gaz de schiste sans imaginer une seconde pouvoir se passer de sa voiture

- Lutter contre le nucléaire sans réduire sa consommation d’électricité

- Lutter contre les décharges en continuant d’acheter des produits suremballés

- Lutter contre l’agriculture intensive sans consacrer plus d’argent à son alimentation

- Lutter contre l’exploitation du pétrole en arctique en refusant l’augmentation des prix de l’essence

- Lutter contre la déforestation mais aller manger chez Mac Do  ou acheter un salon de jardin premier prix en bois exotique…


La tête bien enfoncée dans le guidon, nous prétextons inlassablement le manque de temps pour agir, comme si nous avions encore le choix. Nous continuons à vivre au jour le jour en espérant que certains experts vont trouver la solution à nos problèmes.help

Mais il n’y a pas d’expert en résolution de crise systémique-écologique-économique-énergétique-climatique-alimentaire-sanitaire ! Il n’y a que de simples citoyens qui vivent dans ce « Tout » complexe à l’équilibre fragile.


Nous sommes tous habitants d’une planète en surchauffe et à ce titre, nous sommes les seuls experts de nos modes de vie. Faut-il vraiment se faire décerner un diplôme d’ingénieur en mode de vie durable pour se sentir responsables de nos actes et de nos choix ? Faut-il attendre un constat d’échec officiel pour se rendre compte que le plan B … c’est NOUS ?


Réunissons-nous, travaillons, réfléchissons ensemble à la meilleure manière de gérer les biens communs et les ressources naturelles locales pour cesser de piller celles des autres. Arrêtons de douter et acceptons l’inévitable changement comme une opportunité de vivre avec les autres et non à côté d’eux. Sans nos esclaves énergétiques, nous aurons besoin de la puissance de la solidarité et du génie collectif … mais pour cela, il faut prendre le temps de relever la tête et regarder devant nous.


L’été commence et je suis toujours en flottement, entre l'environnement proche qui laisse croire que tout va bien et la connaissance de la situation globale qui indique strictement l'inverse. Je me replonge dans mon étude sans savoir si l’automne 2012 sera comme tous les autres et je vis la transition sans naïveté aucune.

 

Je partage régulièrement des moments forts avec ces habitants, amis et voisins qui, comme-moi, ont décidé qu’il fallait changer et faire la transition. Bien sûr, on sent encore ce doute persistant chez certains, cet espoir salvateur que nous serons vraiment capable de faire du développement durable et de la "green economy", mais peu importe, nous dépassons nos différences et nous agissons !

 

Nous envisageons de maîtriser la fabrication de savons et shampooing, la conservation des aliments, la récupération de vélos, la production locale d’isolant écologique, la relocalisation d’une alimentation saine et durable, la connaissance des plantes sauvages comestibles et médicinales ou la mise en place d’une monnaie locale …

 

AGIR: le meilleur remède contre le sentiment d'impuissance

 

PS: Si vous avez décidé d'agir, mettez un commentaire à la suite de cet article pour en témoigner !

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Mathieu 04/11/2012 10:13


Un avant goût ?


http://www.nytimes.com/interactive/2012/11/03/us/2012-sandy-POD-5.html#/?slide=28

valérie 01/11/2012 22:00


Transition commencée depuis juin dans notre petite maison montpellieraine. Transformation du jardin, cours de couture et surtout bcp d'energie pour comprendre, acquerir. Je me sens assez seule
pour l'instant, difficile de discuter transition avec ses voisins (surtout quand on les connait depuis 1 an seulement). Mais je mets en place des systeme de troc avec eux, qui seront probablement
bien utiles. ça favorise le lien et soutient les initiatives (une voisine a installé des poules, coq et oie et je clame haut et fort mon soutien, tant pis pour les raleurs). Je liste nos forces :
lac à 2min, garrigue tout à coté, espace vert non exploité.


Connaissez vous un forum ou site sur les actions concrètes mis en place par les transitionneurs ? Voir les actions, partager les idées, s'inspirer, ça permet de gagner du temps.

steph 01/09/2012 18:48

@Benjamin LB bonjour, pourriez vous donner plus de détail technique concernant le pompage solaire . Avez vous de la documentation à téléchager . Cordialement

Benjamin LB 01/09/2012 11:36


OUi j'agis.


J'ai quitté l'Europe pour me rapprocher des besoins d'une population qui vit de l'essentiel. AU Burkina Faso je suis producteur de lgumes en essayant de maintenir le cape du DD sur toutes les
étapes de la filiaire. O,7 ha cultivé de maniere agroécologique, pompage solaire et micro irrigation.

Benoît Thévard 06/09/2012 09:16



Félicitations ! Peut-être fonctionnez-vous avec les butes sandwich ? Pour le pompage solaire, j'en avais entendu parler il y a quelques temps, j'ai un vague souvenir d'un cycle de
compression/dilataion de l'air avec la chaleur du soleil, est-ce bien ça ? Comme Steph, je veux bien des détails ...


Bon courage



Frédéric MEYROU 31/08/2012 12:48


Félicitations pour votre travail. J'adhère bien entendu au constat et aux conclusions.


Père de 5 enfants je suis extrèmement inquuiet pour l'avenir, je n'ai pas confiance dans la gouvernance mondiale et nationale pour anticiper cette "Méta-Crise" et je ne vois aucunes réelle prise
de conscience collective qui puisse démarrer une action collective par le bas de masse.


Les "avertis" que nous sommes sont trop peu nombreux pour faire le levier suffisant pour modifier les comportements de notre société, reste à préparer notre propre futur à notre petit niveau de
résilience... comme vous le voyez je suis pessimiste.


Je fais qd même parti de ceux que le combas interesse, j'ai fait une présentation de vulgarisation que j'espère re-présenter cet automne en Public (conférence de 2h).


Très cordialement,


./Frédéric

Benoît Thévard 06/09/2012 09:27



Bonjour,


Avez-vous un site internet ou un blog où l'on peut trouver votre contact et solliciter votre intervention ?