Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 11:44

La France a décidé, pour inciter les citoyens et industriels à s’équiper de moyens de production d’énergie renouvelable, de fixer des tarifs de rachats parfois très intéressants, notamment pour le solaire PV (même s'ils ont tendance à diminuer en cette période de rigueur). A la base l'idée est excellente car elle permet la mise en place d'une industrie, la formation de professionnels compétents et finalement c'est tout une filière nouvelle qui se met en place. Mais l'incitation est-elle bien orientée ?

 

Pour bénéficier de ces tarifs, il faut répondre à des critères très précis (panneaux intégrés en toiture, puissance maxi ....) et notamment un critère primordial : injecter l’énergie produite sur le réseau. Ce dernier critère à une conséquence majeure: l'énergie produite est complètement indépendante de l'énergie consommée par le citoyen.

 

ImageSOL.jpg

 

L’Allemagne, quant à elle, a introduit depuis 2009 un autre type de rémunération pour les installation PV de puissance inférieure a 500 kWc (prime sur la consommation propriétaire) :

Les exploitants perçoivent pendant 20 ans, 0,25€ pour chaque kWh qu’ils consomment eux-même, qui s’ajoutent à l’économie des coûts du courant domestique. En n’injectant pas son énergie sur le réseau, le propriétaire augmente son bénéfice de 10.000€ sur 20 ans, et ce dernier sera encore supérieur si le prix de l’électricité augmente (ce qui est très probable).

 

J’y vois là des éléments très positifs :


* l’investisseur est incité à prendre son autonomie, il devient ainsi totalement responsable de ce qu’il produit et de ce qu’il consomme. C’est exactement l’inverse de ce qui se passe en France ou quelques épargnants décident de se faire de l’argent avec le PV tout en continuant à consommer à outrance l’énergie centralisée, principalement nucléaire.

* Le nombre de petits producteurs mais surtout de consommateurs reliés au réseau peut ainsi diminuer, allégeant ce dernier.

* les problématiques avancées par les pro-centralisation contre les énergies renouvelables sont la complexité de gestion du réseau, le risque de coupures et les instabilités causées par l’intermittence. Or si une grande partie des consommateurs peut devenir autonome et sortir du réseau, alors la quantité d’énergie à produire pour ceux qui ne peuvent pas le faire sera diminuée. Il deviendra réaliste de fournir une énergie propre et durable grâce à des réseaux plus simples et de tailles réduites.


Pour les sites isolés, il reste le problème des batteries pour le stockage individuel, mais il y a là aussi des marges de progrès considérables, pour peu qu’on s'en donne la peine. En revanche, la mise en place de micro-réseaux (objets d'un article à venir sur ce blog) serait idéale.

La production d'énergie renouvelable est fondamentale, son incitation par les tarifs de rachat également. Mais rien n'est plus efficace et facile à gérer qu'une énergie consommée sur son lieu de production: c'est la décentralisation de l'électricité.


La France ne se trompe-t-elle pas de chemin avec son incitation qui va rendre le réseau toujours plus complexe, et laisser les gens en position de consommateurs passifs et irresponsables ? 


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Commentaires

Votre point de vue est intéressant, mais existe-t-il en France d'autres possibilités économiquement viables si on ne veut pas revendre les kW photovoltaïques à EDF ?
Merci.

Commentaire n°1 posté par Philippe le 11/08/2010 à 23h39

vous pouvez le revendre à des acheteurs comme enercoop par exemple (www.enercoop.fr) qui est un opérateur coopératif, solidaire et 100% EnR. Mais vous aurez un temps de retour sur investissement bien plus long ! Mais il est clair qu'aujourd'hui il n'y a pas vraiment d'alternative en France. Ne nous plaignons pas trop non plus, dans bien d'autres pays il n'y a aucune obligation d'achat de la part de l'opérateur national.

Le but de cet article était surtout de critiquer la politique nationale qui consiste a préserver à tout prix un réseau centralisé, configuration indispensable pour mettre en oeuvre le nucléaire mais très mauvaise pour les énergies renouvelables. Il faudrait plutot opter, selon moi, pour des réseaux locaux, intelligents et décentralisés tout en conservant une production de base nationale avec les centrales actuelles.

 

Réponse de Transition Sower le 12/08/2010 à 18h19

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