Partager l'article ! Energie: quelles solutions pour demain ?: Lorsque l'on parle d'énergie, le champ de la discussion devient alors extrèmement vaste puisque l'én ...
Lorsque l'on parle d'énergie, le champ de la discussion devient alors extrèmement vaste puisque l'énergie est au coeur même de notre société, elle donne le rythme de notre économie et plus globalement de notre vie.
Les débats sont multiples et les argumentations nombreuses pour l'une ou l'autre des solutions avec souvent des éléments manquants pour prendre réellement la mesure de ce qui est possible et de ce qui ne l'est pas.
Dans d'autres articles, j'exprimais l'impossibilité technique de remplacer le pétrole dans ses applications (transport, pétrochimie, chauffage) dans les délais que je fixe volontairement à 5-10 ans maximum.
Cette fois, je vais aborder la problématique sous un angle différent.

C'est à dire qu'il ne faut pas chercher à produire l'énergie dont nous avons besoin actuellement (ce sera impossible) mais il faut nous réorganiser beaucoup plus efficacement, et lorsque nous aurons réduit notre besoin, chercher à produire le peu d'énergie nécessaire grâce aux sources renouvelables disponibles.
1/ Se réorganiser
Tous les secteurs de notre économie sont organisés de telle manière qu'ils consomment trop
d'énergie. Cette logique a été principalement causée par la suppression des stocks (logistique en flux tendus) et le faible coût de l'énergie et des transports comparé à celui de la main
d'œuvre (ce qui explique les délocalisations massives). Par ailleurs, les outils de production centralisés et centrales thermiques génèrent des pertes très importantes.
Puisque nous n'avons pas d'alternative immédiate au moteur thermique à pétrole pour les transports de marchandises, hors réseaux ferré, il n'y aura pas d’autre solution que de les limiter. C'est à dire réduire les distances entre lieu de production et lieu de consommation et la fréquence des transports. Cela implique un gros travail des collectivités locales pour mettre en œuvre un plan de concertation entre producteurs et consommateurs de tous biens et services.
Cela va générer les phénomènes suivants:
- diminution de la consommation d'énergie et donc de la facture énergétique
- création d'emplois non délocalisables et durables car en correspondance avec les besoins de la population locale
- diminution des émissions de gaz à effet de serre
- meilleures communication et solidarité entre les acteurs d'une communauté
- maîtrise et sécurisation des modes de production et des approvisionnements
- responsabilisation du consommateur par la connaissance des contraintes de production
- etc ...
Il s'agit également d'isoler les bâtiments et de remplacer certains outils de consommation comme de vieilles chaudières inefficaces afin de les remplacer par des outils durables, fiables et présentant de bons rendements (poêle de masse, chaudière à granulés...).
La réorganisation n'est pas forcément coûteuse mais elle passe forcément par une prise de conscience de la population et le changement des habitudes.
La prise de conscience en elle même permet de générer des économies d'énergie considérables (éco-conduite, température dans les logements ...)
La relocalisation sera le seul moyen d'assurer à long terme une réponse aux besoins primaires de la
population en toutes circonstances.
2/ Etude de potentiel énergétique
Comme pour tous les secteurs de l'économie, valoriser les ressources locales doit être une priorité. Il est donc important que chaque collectivité fasse l'inventaire des ressources énergétiques renouvelables dont elle dispose (gisement solaire, potentiel éolien, capacité forestière, huiles végétales usagées, hydrologie, géothermie, déchets organiques etc ...).
Ces études doivent prendre en compte des gisements bruts (ensoleillement, vents disponibles...) mais également des gisements nets (techniquement et économiquement exploitables).
L'évaluation du potentiel permet d'avoir une vision réaliste de ce qu'il est possible de produire à l'échelle du territoire.
3/ Mise en œuvre de solutions
Après avoir lancé un plan d'actions pour réduire les transports, sensibiliser la population, changer les pratiques et les habitudes, il faut évaluer quels seront, à termes, les nouveaux besoins essentiels de la population en terme d'énergie.
Lorsque consommation et potentiel de production sont confrontés, il devient très facile de savoir quels sont les éléments prioritaires à mettre en œuvre. Quelques pistes:
- Achats groupés de modules photovoltaïques, de micro-éoliennes et/ou de micro-turbines hydroélectriques
- regroupements des agriculteurs pour la production de biogaz
- installation de réseaux de chaleur (cogénération, géothermie ...)
- récupération des déchets organiques de la collectivité pour méthanisation
- valorisation des graisses et huiles animales et végétales
- investissements collectifs et coopératifs pour des centrales solaires ou éoliennes plus importantes
- valorisation optimale de la biomasse forestière et agricole (combustion en centrales, chaudières ou chauffages individuels) sans dépassement de la capacité naturelle de renouvellement ni diminution de l'amendement organique des sols
- etc...
J'insiste au passage sur l'intérêt de continuer la recherche pour faire diminuer le coût des installations solaires plutôt que faire augmenter les rendements. Nous avons d'innombrables surfaces disponibles au soleil, mais pas d'argent pour installer des panneaux. Alors pourquoi s'obstiner à gagner 0,01% de rendement alors que les marges de progrès concernant les coûts de productions sont bien plus grandes ?
Sécurisation
Produire localement de l'énergie est très intéressant. Mais s'il n'existe aucune possibilité de s'isoler
localement du réseau national en cas de coupure, cela ne sert à rien.
C'est pourquoi ce genre d'orientation énergétique devrait toujours s'accompagner d'une solution d'isolement permettant de bénéficier, quoi qu'il arrive, de l'énergie produite localement.
Conclusion
Nous avons déjà énormément progressé et de nombreux outils existent pour produire et consommer efficacement de l'énergie. Les différentes étapes que je viens de présenter me semblent fondamentales pour répondre à nos besoins à l'avenir, même si elles n'empêcheront pas les perturbations majeures qu'entraînera la forte hausse et volatilité des prix du pétrole.
De mon point de vue, aucune source d'énergie ne pourra répondre aux besoins d'une société organisée avec une aussi mauvaise efficacité énergétique. C'est pourquoi je refuse systématiquement de valider un outil plutôt qu'un autre pour l'avenir.
Les solutions dépendront avant tout des caractéristiques de chaque territoire (plus de soleil au sud, plus de vent au nord ou sur les côtes, hydroélectricité dans les reliefs, biomasse forestière en Sologne, biogaz en Bretagne ou géothermie à Paris ...) et elles ne seront suffisantes que lorsque nous aurons profondément modifié nos modes de vie et de consommation.
Ainsi nous serons devenus plus résilients, dépendant de sources d'énergies diverses, avec de l'autonomie, une sécurisation du réseau et une grosse réduction des besoins.
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La transition des collectivités locales passe avant tout par une sensibilisation de la population.
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Bonjour, cet article est très intéressant. J'adhère à 100%, ça me semble vraiment une évidence de relocaliser. Si nos politiques pouvaient s'en inspirer
Quel est le potentiel equestre pour les déplacements?
Avant qu'on ait trop faim pour les manger !!!
Bonjour, j'ai pas trop compris votre commentaire, il est possible de se nourrir au maximum en local. Pouvez vous approfondir ?
Merci
oui, c'est un peu raccourci je l'accorde.
en fait il vient d'une déduction que lorsqu'il n'y aura plus de carburant et qu'évidemment nous ne sommes pas en mesure de remplacer le nombre de voitures, de camions, d'ambulance dans un temps très cours, il faudra certainement revenir à la solution équestre,
Toutefois le nombre de chevaux à considérablement diminué! (2millions en 1950 pour 330 000 en 1994 source : http://www.senat.fr/rap/l98-129/l98-12924.html) Les chevaux seront soit réquisitionnés soit mangés si les camions ne nous approvisionnent plus et qu'il n'y a plus à manger!
Voili :o)
Jobouille
Bonjour, je pense qu'à titre individuelle il y a beaucoup à faire. 1ère expérience de potager cette année et depuis le mois de juin je n'ai pas acheté un légume. Je pense qu'il est facile d'avoir quelques poules. Tout ceci au moins pour survivre et ne pas manger les chevaux !!!!
S'il y avait que des gens comme toi qui ont un bout de terrain pour faire tout ça... mais une mégapole ou une agglomération de 500000 habitants sans nourriture ou très peu, ça peut très vite dégénérer ! et ça en quelques semaines!
enfin, ce n'est qu'une projection!!!
rien de prémonitoire ou spéculatif...
Salut,
effectivement l'échelle individuelle est insuffisante.
Comment passer à l'échelle collective et urbaine ? La Havane. 50% d'autonomie alimentaire. Des potagers verticaux sur les façades sud des immeubles (plantes grimpantes commestibles, types kiwis, pour info ça pousse très bien en Noramandie). Des potagers horizontaux en permaculture sur le moindre espace vert. Des arbres fruitiers en remplacement de marronniers et autres platanes. Des pommes de terre dans des pneus rempli de terre fertile, avec 3 ou 4 pneus les uns sur les autres on récolte 10 kg de pommes de terre, pour trois patates au départ.
Le seul problème est de s'y mettre maintenant : pas quand la "merda" sera là !
gorgerouge.
Effectivement, Cuba est un très bon exemple de transition réussie (je ne parle évidemment pas du système politique mais de ce qu'ils ont réussi à faire avec peu de choses !)
Comme tu dis, il faut s'y mettre maintenant ... il faudrait ! :-)
Il faudrait...
Les collectifs d'habitants peuvent tout faire. Tout.
Et là ce n'est plus "il faudrait" : c'est "faisons !"
Tout à fait !
Les collectifs d'habitants peuvent tout faire dès l'instant où ils en ont le désir, alors réveillons les endormis et ... faisons :-)
Benoît, as-tu lu l'excellent article de Paul Ariès dans La Décroissance du mois de mars ? 2,20€. En kiosque.
ah non pas encore :-)
mais tu me mets l'eau à la bouche !!