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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 13:55

 

La Banque Mondiale est une institution bancaire située à Washington et destinée à soutenir la reconstruction ou le développement des pays. Elle a été créée après la seconde guerre mondiale et se destine aujourd’hui à aider les pays les plus pauvres à se développer.

 

Cette définition est purement théorique.

 

En effet, la Banque Mondiale est géographiquement  située juste à côté de la Maison Blanche et du FMI, ce qui laisse planer quelques soupçons (le mot est faible) d’entente organisée pour la gestion financière de la planète.

 

banquemondiale.jpg

 

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ancien économiste en chef de la Banque Mondiale et conseiller économique de Bill Clinton, explique très bien dans ses ouvrages ("La grande désillusion", "un autre monde: contre le fanatisme du marché" ...) comment la mondialisation a été organisée par les riches et pour les riches grâce, notamment, à ce triangle FMI, Banque Mondiale et Maison Blanche.

 

La mondialisation est théoriquement une bonne chose, puisqu’elle est censée permettre un partage des richesses, l’ouverture aux marchés des pays économiquement pauvres et l’implantation des industries dans des zones délaissées jusqu’alors.

 

lagrandedesillusion.jpg

 

Malheureusement, tout cela est une fable et cette organisation a simplement permis aux plus riches d’aller piller les richesses des pays pauvres. Les fonds prêtés par le FMI et la Banque Mondiale le sont toujours sous des conditions qui les arrangent et de nombreux pays se retrouvent ruinés par la fuite des capitaux accumulés grâce à l’exploitation de leurs richesses.

 

Je ne vais pas aller plus loin dans la présentation, je vous invite à lire J. Stiglitz pour bien comprendre comment la mondialisation a été mise en oeuvre et pourquoi elle n'est pas durable.

 

La Banque Mondiale et les énergies fossiles

 

Après avoir découvert les agissement de ces institutions, j'ai tout de même été particulièrement surpris d’apprendre que la Banque Mondiale soutenait le développement des énergies fossiles à travers le monde.

 

L’explication donnée officiellement indique que « leurs soutiens aux projets de charbon, gaz et pétrole sont nécessaires pour réduire la précarité énergétique ».

 

Or, les auteurs du rapport « Energy for the Poor », publié en octobre 2010, ont analysé de manière indépendante les prêts de la Banque Mondiale pour les énergies fossiles. Cette évaluation sur les années fiscales 2009-2010 indique finalement qu’aucun des prêts n’a servi à améliorer l’accès des plus démunis à l’énergie.

 

energyforthepoor.JPG

 

Ainsi, pour l'année fiscale 2010, l’institution a investi plus de 6,3 Milliards de dollars dans les énergies fossiles, dont 4,4 Md $ rien que pour les énergies issues du charbon. Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique n’ont bénéficié, quant à elles, que de 3,4 Md $ !

 

Ce choix est également justifié par l’idée que le charbon est encore peu cher et qu’il permet donc aux plus pauvres d’accéder à l’énergie (page 5 du rapport). Mais comme l’indiquent les auteurs, une question se pose encore : est-ce que ces centrales à charbon bénéficient réellement aux plus pauvres ?

 

La double erreur

 

Nous assistons, une fois de plus, à l’incapacité des dirigeants de ce monde à se poser les bonnes questions et à remettre en cause un système défaillant.

 

Alors que le monde entier tente de se mettre d’accord sur des objectifs communs pour le climat, les pays riches vont vendre des centrales thermiques à charbon aux pays pauvres.  Je rappelle que Kyoto impose uniquement aux pays développés de réduire leurs émissions de GES, ce qui n'empêche pas la multiplication de ce type d'installations dans les autres pays !

 

UsineCharbon

 

Voilà donc un très bon moyen de produire ailleurs et à moindre coût ce dont nous avons besoin chez nous, sans que cela vienne augmenter nos émissions de CO2 !

 

Pourtant, tout le monde sait très bien que le charbon est l’énergie primaire qui émet le plus de CO2 par kWh.

 

De plus, le charbon comme le pétrole est une énergie fossile dont nous viendrons à bout peu de temps après le pétrole et ce pour plusieurs raisons :

 

 

  • D’une part, lorsque le pétrole se fera rare et cher, les pays charbonniers utiliseront au maximum leurs réserves pour tenter de produire du carburant, comme en Afrique du Sud. Cette augmentation de la consommation fera nécessairement grimper les prix et nous rapprochera du pic mondial.

 

 

 

  • De plus, même si nous disposons encore de nombreuses réserves dans le monde, tous les charbons ne se valent pas et le meilleur a déjà été extrait. Autrement dit, une tonne de charbon contiendra de moins en moins d’énergie et polluera toujours davantage.

 

 

 

  • Enfin, si certains pays envisagent la séquestration du carbone, cette technologie diminue considérablement le rendement des centrales. Ainsi, il faudra beaucoup plus de charbon pour produire la même quantité d’énergie.

 

 

Tout cela nous amènera une fois de plus dans une impasse et les pays pauvres auront alors des outils inutilisables puisque les coûts d’exploitation exploseront.

 

Conclusion

 

Messieurs les banquiers et économistes, arrêtez de financer des projets contre-productifs de court-terme. Le monde a besoin de votre argent pour construire un avenir durable et pérenne !

 

Il faut cesser de vouloir asservir les pays les plus pauvres. Nous devons leur permettre de retrouver enfin leur souveraineté - c'est d'ailleurs le seul moyen de limiter l'immigration qui génère tant de débats et de craintes aujourd'hui- !

 

En produisant chez eux ce dont nous avons besoin, nous avons perdu notre savoir faire et nos compétences locales en plus d’avoir fait disparaitre le peu d'autonomie et de souveraineté dont ils disposaient.

 

Il est plus que temps d’inverser la tendance, de relocaliser notre production, de réapprendre ce qu’est la proximité et la résilience locale, et de restaurer tous ces pays que nous avons pillés depuis des décennies.

 

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