Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 00:45

C'est du moins l'avis de Luis de Sousa (membre de l'ASPO Portugal) ce 29 Septembre, sur les sites "The Oil Drum" et "European Tribune":

 

"Le pic pétrolier n'est plus l'objet de débat (...) les projections et prévisions sur la date de diminution de la production pétrolière font désormais partie de l'histoire."

 

Le seul moyen de savoir quand aura lieu le pic pétrolier, c’est de le dépasser et de constater la diminution de la production mondiale. Or il semble que ce soit le cas aujourd'hui.

 

 

L’auteur illustre son article avec le graphique suivant :

 

pic-depasse.jpg

 

Il s'agit de la courbe de production de pétrole brut + carburant liquide de gaz naturel (noire), accompagnée de la croissance théorique de la consommation (zone violette), des différents scénarios de l'IEA (carrés rouges et bleus) et des prévisions de l'ASPO (courbes rouges et zone jaune).

 

Nous observons un plateau depuis 2004 et une production qui ondule, indépendamment des prix du marché. La crise financière mondiale aurait formé cette stabilisation, se substituant à un pic plus abrupte et plus élevé.

 

On constate également une tendance à la baisse pour les derniers chiffres (entourés en rouge) mais il faudra surveiller si la tendance se confirme dans les mois qui viennent pour parler d'une réelle déplétion.

 

On peut observer par ailleurs que les courbes de l’IEA (Agence Internationale de l’Energie) présentent globalement le même profil, c'est-à-dire un plateau qui a commencé en 2004:

 

iea_oil_prod.JPG

 

Les données concernent le pétrole brut, les carburants liquides de gaz naturel, les matières premières, additifs et autres hydrocarbures.

 

La production est géographiquement répartie de la manière suivante :

 

chiffres-prod-petrole.JPG

 


Les chiffres montrent donc un plafonnement de la production mondiale depuis 6 ans. Nous devrons donc être attentifs aux prochaines données publiques et à l’évolution des courbes. Si la tendance se confirme, le manque risque de se faire rapidement ressentir sur les marchés.

 

En effet, la consommation ne peut diminuer que si elle est le symptôme d’une crise ou d’une récession.

 

 

Je remercie l'auteur du blog http://fossilisme.over-blog.com/ d'avoir diffusé cette information.

 

 

 

 

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Commentaires

Je crois (sauf votre respect), que vous faite dans ce papier une érreur classique de beaucoup de picquistes. Vous confondez pic de production, et pic de demande. Le dexième s'explique facilement, le premier n'est pas avéré du tout.

 

Les marges de production inutilisées, disponible immédiatement serait de 8 mb/j, 6 mb/j pour l'OPEC, et 2 mb/j pour les non OPEC. Chiffres de  Francis Perrin ; directeur de la rédaction du magazine "Pétrole et gaz arabes"

Commentaire n°1 posté par Phyvette le 04/10/2010 à 15h44

Bonjour,

Il y a de grands écarts d'une estimation à l'autre, je vous l'accorde.

Si vous écoutez le patron de total, seule l'Arabie saoudite à des marges estimées à 2 Mb/j.

mais je ne confonds pas consommation et production. Il n'est pas possible que la demande baisse en dehors d'une crise ou d'une recession car la croissance économique est basée sur l'augmentation de la consommation d'énergie. Pourquoi voulez-vous qu'il y ait un pic de la demande dans ces conditions ?

La question qu'il faut se poser est plutot la suivante: les marges de production dont vous parlez sont-elles capables de compenser la déplétion des gisement ayant dépassé leur pic ?

Il y a plus de 50 pays producteurs dont la capacité de production est en baisse constante. L'amélioration des techniques d'extraction et l'ouverture de nouveaux sites suffit-elle à compenser cela ?

De plus, l'augmentation du rythme de production d'un gisement est principalement mise en oeuvre par une injection d'eau sous pression afin d'accélérer le débit de pétrole en sortie.

La conséquence est l'obtention, plus rapidement, d'un mélange quasi inutilisable d'eau et de pétrole et donc la perte de rentabilité du gisement. Autrement dit, une augmentation du rythme de production implique une diminution des réserves exploitables et précipite le pic pétrolier.

Réponse de Benoît Thévard le 06/10/2010 à 14h12

Entendons nous bien, il n'est pas question de contester le pic, il est inéluctable. Mais le catastrophisme est le pire travers du piquiste prosélyte.

Simplement il faut raison garder. Il se trouve que justement, il y a une crise économique, Et que la croissance est impactée. De fait il y a baisse de consommation, ceci n'implique pas le passage du pic, juste la corrélation consommation d'énergie/croissance.

 

Pour le moment le monde croule sous le pétrole, Cushing déborde, les Chinois en sont a remplir une troisième réserve stratégique. Les marges de production sont inutilisées, il n'est nullement besoin de les mobilisées pour compenser la déplétion des gisement en fin de vie.

 

Dans la littérature classique piquiste, on ne compte que 50 pays producteurs majeurs. Sur ce nombre pas plus de 37 sont en déplétion. Je vous signal que la Russie a battue tout ces record de production en Septembre. Si le pic devait être dépassé nous aurions un prix du bbl bien supérieur.

 

L'injection d'eau sous pression, ou de tout autre choses, vapeur d'eau, méthane, azote, co2, etc... est une technique bien maîtrisée, qui ne nuie pas aux puits si elle est bien utilisée.

 

 

En Seine et Marne des puits Français crache 97% d'eau et 3% de pétrole sans problème et avec bénéfices. Gawhar et encore à 50/50%...

Amicalement.

Commentaire n°2 posté par Phyvette le 06/10/2010 à 16h06

J'apprécie votre argumentation pertinente ! J'ai cependant plusieurs questions ou remarques:

- La consommation ne s'est pas stabilisée depuis 2004 contrairement à la production. Elle n'a cessé d'augmenter qu'au début de la crise. Il n'y a donc que 2 possibilité pour vouloir réduire l'écart entre conso et prod, c'est le plafonnement de la production, ou la volonté de faire monter les prix. A partir de là les avis divergent.

- il me semble que 37 pays sur 50 ce n'est pas négligeable et puisque leur production baisse, les 13 restant doivent augmenter doublement leur capacité d'extraction pour générer une augmentation globale.

- il est toujours possible d'extraire une soupe de pétrole à 97% d'eau, mais à quel prix ?

Dans le champ de Ybal, Shell a pu extraire 1800 millions de barils contre 2400 prévus initialement à cause justement du très fort taux de dillution. Peut être qu'à l'époque ils ont arrêté pour une question de coût et de rentabilité, ce qui n'est pas fait en Seine et Marne. Il serait intéressant de connaître le coûts de production de ces puits dont vous parlez. Avez vous les chiffres ?

Quant à Ghawar, effectivement ils injectent plusieurs millions de barils d'eau par jour, ce qui est encore efficace aujourd'hui, mais il est très probable que cette technique rende encore plus abrupte le déclin du gisement.

Si vous avez des sources qui expliquent que l'augmentation du rythme d'extraction ne nuit pas aux quantités extractibles et qu'il n'augmente pas beaucoup le coût de production, je suis très preneur !

 

 

Réponse de Benoît Thévard le 07/10/2010 à 10h41

""ORLEANS (AFP) - L'envolée du prix du pétrole relance l'intérêt pour le sous-sol français, notamment celui du Loiret...]

 

...]Mais à 100 dollars le baril, l'investissement devient rentable même avec une petite décote en raison de la moins bonne qualité du pétrole. "Les Américains ne sont pas des philanthropes", note M. Bonneau. A 50 dollars le baril, "la société récupère son investissement" et, au-dessus, "elle peut approvisionner pour faire de l'exploration", selon lui.""

 

http://www.avmaroc.com/actualite/interet-petrole-a113862.html

Commentaire n°3 posté par Phyvette le 07/10/2010 à 20h05
Philippe est ingénieur dans la prospection pétroliére :
 
 
 
""Yves MATHIEU de l'Institut Français du Pétrole, qui a piloté plusieurs études sur les bassin sédimentaires français, estime à 5 millions de tonnes, soit 35 millions de barils, les quantités que l'on est susceptible de découvrir encore dans le Bassin Parisien à l'avenir (le "yet-to-find" du Bassin Parisien). L'information a été donnée lors d'un colloque sur les 50 ans du pétrole dans le Bassin Parisien, le 16 octobre dernier à Pontcarré (77). Ca représente un peu plus de deux semaines de consommation de la France. Le pétrole du Bassin Parisien est marginal par rapport aux besoins, même s'il est effectivement très rentable.

Yves MATHIEU est souvent interrogé par les médias sur les réserves pétrolières.""
 
 
http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?p=146671#p146671
Commentaire n°4 posté par Phyvette le 07/10/2010 à 20h20

Du même auteur, le 15 Sep 2010, le bbl = 75us$ :

 

""Toute la difficulté est d’exploiter les "shale oils" avec des débits rentables, sachant que le moindre forage, avec son drain horizontal et ses fracturations hydrauliques à multiples étages, coûtera quelque 5 million d’euros. La fiscalité française sur l’exploitation pétrolière est excellente, et permet un seuil de rentabilité relativement bas par rapport à nombre d’autres pays. Il n’empêche que, pour rembourser un puits à 5 million d’euros, il faut une production cumulée importante. TOREADOR, dans sa présentation du 1er octobre 2009, annonce une production cumulée par puits de 500 000 barils. A 43 dollars par baril de profit avant impôt (22 euros par baril après impôt), un tel puits dégagerait une valeur non actualisée double de son coût. L’avantage économique, si on peut dire, est que cette valeur est obtenue sur peu de temps (les toutes premières années, ce qui évite de plomber la valeur actuelle nette, avec les taux d’actualisation élevés utilisés par les pétroliers, par une durée trop longue de production du puits). Le retour sur investissement reste convenable, mais il est vulnérable au prix du baril, si celui-ci part à la baisse. Maintenant, si les 400 barils par jour de moyenne par puits sur la première année, toujours annoncés par TOREADOR (29% des réserves sont produites la première année, ce qui donne une bonne idée du déclin ultérieur), ne sont pas au rendez-vous, le projet risque de décevoir rapidement.""

 

http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?p=279067#p279067

 

Commentaire n°5 posté par Phyvette le 07/10/2010 à 20h29

On ne peut pas dire que la récupération assité du pétrole precipite la déplétion d'un puits pour la simple raison que sans la RAP beaucoup de vieux réservoirs produisent encore, alors que sans assistance ils seraient déjà abandonnés.

 

Il me semble que c'est du simple bon sens et qu'il n'est pas indispenssable d'être géologue pour faire cette conclusion. Concernant le coût de la RAP, sans toutefois de certitude, il semble qu'a 80 us$ soit un prix sufisant pour bien des technologie. La RAP, mais pas seulement, l'off short profond, le CTL, et même les sables asphaltiques. Mais il faut bien admettre que acteur de l'industrie du pétrole entretiend le flou sur bien des choses. On se fait une idée personnelle par une somme de lecture, il n'est pas toujours facile d'apporter des preuves.

 

Pour la RAP : http://www.shell.be/home/content/bel-fr/innovation/meeting_demand/getting_more/eor/

 

Philippe : ""La vapeur d'eau est un procédé qui ne donne des résultats que dans les gisements très peu profonds. C'est limité par les lois de la thermodynamique. En admettant que la vapeur soit chauffée à 250° Celsius, il faut que la pression d'injection soit inférieure à 40 bars environ (en utilisant l'approximation de la loi de Duperray) pour que l'eau reste à l'état vapeur. Cela limite pratiquement aux gisements d'une profondeur maximale de 400 mètres.

Il y a d'autres inconvénients à appliquer cette technique dans des gisements anciens. C'est comme ça qu'à Marienbronn, dans le Bas-Rhin, l'injection de vapeur dans les années 1980, appliqué à un gisement exploité au début du vingtième siècle, a occasionné une pollution lorsque l'un des vieux puits s'est débouché sous l'effet de la pression, et lorsque le pétrole s'est mis à sortir du puits et à descendre la colline. L'existence d'un "passif" peut rendre illusoires certaines idées de réhabilitation de vieux gisements.

Le gaz carbonique est dit "miscible". Il se dissout dans les hydrocarbures, avec pour effet de réduire nettement la viscosité du mélange. La récupération peut être améliorée par réduction de la viscosité. Dans ce cas, la limitation est celle de l'approvisionnement en gaz carbonique. S'il existe une usine à proximité, c'est tout bon, sinon, la logistique plombe sérieusement l'économie.

L'azote ne se mélange pas. On n'a donc pas d'amélioration de la viscosité. Dans ce cas, on joue surtout sur le maintien de la pression du gisement, comme on le ferait avec de l'eau. L'injection d'eau est presque toujours moins chère que l'injection d'azote, ce qui explique le peu de succès de cette dernière technique. Là aussi, la logistique d'approvisionnement de l'azote liquide plombe l'économie du projet. Plus souvent, quand on le peut et quand la géométrie du gisement le permet, on préfère faire de l'injection ou de la réinjection de gaz naturel, qui a à peu près le même effet.

Pour la récupération assistée, le choix est presque toujours l'injection d'eau. Dans certains cas, l'injection ou la réinjection de gaz. Cette dernière peut d'ailleurs être rendue obligatoire pour éviter le brûlage sur place. Et dans de rares cas, si les circonstances sont favorables, on utilise des techniques faisant appel à des fluides plus chers, comme le gaz carbonique, l'azote, la vapeur d'eau surchauffée, voire les polymères permettant de rendre plus visqueuse l'eau injectée dans le gisement.""


http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?p=254763#p254763

 

 

Commentaire n°6 posté par Phyvette le 07/10/2010 à 21h21

Voila j'ai retrouvé l'article très intéressant de 2008, sur le pétrole de Seine et marne. Pour les 97%/3% l'info venait de Philippe, 30 ans de prospection pétrolière. Impossible de remettre la main dessus... Désolé.

 

""Pétrole: la production de Seine-et-Marne relancée par la flambée des prix

"Ce pétrole est devenu extrêmement rentable. En 1994, le coût d'exploitation d'un baril était de 12 dollars et on le revendait à 16. Actuellement, un baril nous coûte 30 dollars et on le revend autour de 100 dollars", souligne le directeur général, Bertrand Launois.""

 

http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?p=206468#p206468

 

Commentaire n°7 posté par Phyvette le 07/10/2010 à 21h51

A méditer:

Comparons les réserves constituées par la nature avec celles constituées pour notre retraite.

Durant 35 ans de labeur, nous mettons péniblement de côté un capital nécessaire à subvenir à nos besoins pour nos 20 dernières années de vie. Il a fallu à la nature plus de 3.5 Mio d'années (estimation très grossière) pour constituer son capital de combustible pétrolier. Si l'on en croit les experts les plus optimistes, nous consommerons ce capital naturel en moins de 200 ans, ceci correspondrait donc à dilapider notre capital de retraite en moins de 18 heures, et ce en polluant l'atmosphère, est-ce bien raisonnable ! ? Aucun économiste ou banquier ne parierai sur un tel scénario...

Seule l'énergie solaire et ses dérivés (bois, vent, etc.) nous met a disposition les dividendes sans mettre à mal le capital, notre avenir et celui des générations futures. Mettons-nous tous au travail faute de quoi, nous n'aurons plus rien dans notre caisse de retraite avant même d'en avoir goûté le plaisir. Utilisons donc le reste du capital pétrolier pour ces qualités spécifiques (médicaments, engrais, etc) et comme énergie nécessaire à réaliser les produits et techniques indispensables à accéder efficacement au capital soleil plutôt que de le dilapider en compensation de pertes non maîtrisées ou pour faire fonctionner des machines avec un rendement médiocre. Il y a urgence !:-O

Commentaire n°8 posté par Yves Roulet le 23/10/2010 à 16h14

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