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Avenir sans Pétrole

Modèle des Villes en Transition

4 Septembre 2010 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Actions

 

Après avoir lu Pierre Rabhi qui a su mettre les mots sur mes sentiments, et décrypter les travers complexes du monde avec simplicité, je me suis mis à la recherche d'une idée permettant de mettre en œuvre ses préceptes à l’échelle d’une ville ou d’une agglomération.


C'est alors que ma route a croisé celle des Villes en Transition (à l'origine: Transition Town) durant mon séjour au Québec.

 

TTHandbook


Après avoir lu la documentation expliquant le déroulement et la mise en place d'une telle initiative, je me suis rendu compte de la perspicacité et de la pertinence de l’idée.  

C'est Rob Hopkins, professeur de permaculture en Angleterre qui a développé ce modèle en 2005. Depuis, ce sont plus de 300 initiatives qui ont été lancées à travers le monde.


Postulat de départ : deux grandes problématiques


Tout part de ces deux grands défis que l’humanité va devoir relever : les changements climatiques et la raréfaction des énergies fossiles. Ces perturbations majeures et inévitables ont trop souvent été considérées séparément, notamment par les rapports Stern et Hirsch.


Le premier évalue le coût de l’inaction concernant les changements climatiques. Les outils proposés pour y répondre (solaire, éolien ...) ne tiennent pas compte de l’énorme besoin en énergie et en finances pour initier un changement technologique mondial. Ils ne tiennent donc pas compte du fait qu’à l’avenir nous manquerons d’énergie (pic pétrolier) pour assurer une transition de société sans perturber la croissance économique.


Le rapport Hirch qui analyse l’avenir de la production pétrolière envisage par exemple, pour compenser le manque, d’utiliser le charbon pour produire des carburants. Ce qui est complètement absurde dans un contexte de réduction des émissions de GES.


Si l’on décide de ne pas d’occulter l’un de ces deux problèmes, la réorganisation de la société et la modification profonde de nos modes de vie s’imposent. C’est pourquoi la première étape consiste à sensibiliser la population sur ces deux thématiques inévitables et indissociables.

 

Il s'avère que les changements climatiques ne suffisent pas à rassembler les Hommes tant ils sont fondés sur des probabilités, contrairement au pic pétrolier qui est une certitude mathématique.


Résilience


Si vous avez regardé mes articles, vous aurez remarqué que je parle beaucoup de résilience. C’est en analysant le modèle des Villes en Transition que j’ai perçu l’importance de ce concept. Puisque l’utopie ne peut être atteinte et que l’humanité s’est refusée à tenter de l’approcher, il faut trouver un nouveau but à atteindre pour une société en mal d’avenir.

 

resilience.jpg


La résilience est devenue mon but à atteindre car être résilient n’a que des aspects positifs, et pour être résilient il faut mettre en pratique toutes les solutions justes, durables, solidaires et collectives que l’humanité a découvertes au fil des siècles.


Le modèle des Villes en Transition invite les communautés à devenir résilientes et j’ai décidé d’aller dans cette direction également.


Une initiative populaire et démocratique


Voilà une caractéristique extrêmement intéressante du modèle.  Le groupe de motivés qui lance l’initiative doit être dissout dès la seconde étape. Ceci pour permettre à tous les nouveaux participants de choisir ceux qui devront coordonner les groupes de travail. Il ne doit y avoir aucune ambition personnelle et seule la force du groupe est importante.


Nous ne sommes pas habitués à ce fonctionnement. Nous avons toujours appris à évoluer constamment avec des hiérarchies et notre société est l’illustration parfaite de ce que l’Homme peut faire du pouvoir et de l’ambition.


Sortir de ce format est une excellente initiative, encore fallait-il oser le faire …


Mais est-ce si facile à mettre en œuvre ? Combien de discussions autour du pic pétrolier finissent par l’affirmation libératoire : « de toutes façons ils ont forcément prévu quelque chose ! ».


Et oui, en France nous avons tendance à attendre que la solution vienne d’en haut, ce qui n’est pas le cas dans le système anglo-saxon. Or, le modèle des Villes en Transition est né en Angleterre !


C’est pourquoi j’ai décidé de chercher le moyen d’impliquer les élus locaux afin de leur permettre d’initier des transitions, et apporter ainsi la part complémentaire de ce modèle.


La meilleure initiative à ce jour


Je ne connais pas d’autre modèle crédible et déjà mis en œuvre qui permette de préparer la société aux grands changements de demain. C’est pourquoi je me sens très proche de cette idée et des mises en œuvre.


Je la trouve cependant imparfaite pour les raisons suivantes :

 

Le modèle des Villes en Transition demande de l’implication et de l’initiative. Il sera difficile d’impliquer les personnes qui préfèrent suivre des directives.

 

Pour mettre en place les bonnes solutions, il faut avoir une vision globale du territoire et de ses composantes, ce qui ne me parait pas possible sans la participation des élus locaux

 

Les changements structurels ne peuvent être validés et financés que par les élus

 

Certains domaines tels que l’énergie, les méthodes agricoles, l’habitat ou les transports peuvent demander une certaine expertise afin d’avoir une vision globale et comparative des solutions envisagées.


Il me semble que la seule volonté et initiative populaire ne pourront pas s’appliquer partout et assez rapidement. C’est pourquoi je préconise la mise en place, dans un maximum de villes et villages, de ces initiatives de Villes en Transition, mais systématiquement couplées, dès le départ, à l’action des élus locaux.

 

 


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