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Avenir sans Pétrole

Pourquoi le pic pétrolier est un sujet tabou ?

2 Novembre 2010 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Pic pétrolier

 

Rien, dans notre société, ne peut se faire sans le pétrole et nous sommes sur le point de ne plus y avoir accès aussi facilement. Malgré l'évidente importance du sujet, seuls quelques livres, rapports, sites internet ou articles de journaux osent parler du pic pétrolier et de ses conséquences potentielles. Ce sujet serait-il tabou ?

 

Pourquoi une telle absence des médias ? Pourquoi n’y a-t-il aucune prise en compte publique du problème ? Pourquoi les seuls discours officiels à ce sujet sont-ils édulcorées et sans communes mesures avec les réelles conséquences qu’aura le pic pétrolier sur nos modes de vie ?

 

Essayons de répondre à ces questions car elles influencent énormément la prise de conscience populaire et provoquent l’immobilisme que nous connaissons.

 

Le scepticisme

 

Depuis le début de « l’ère pétrolithique », il y a toujours eu cette croyance forte que les quantités de pétrole étaient telles, que nous ne pouvions en imaginer la fin. Aux USA, tous les plus grands spécialistes, hommes politiques ou économistes américains ont systématiquement refusé de croire que leurs réserves étaient limitées. Ce n’est qu’en 1971, lorsque la production s’est mise à décroitre et qu’une enquête a été menée pour analyser la situation, que tous ont dû se rendre à l’évidence : les Etats Unis ne produiraient plus jamais autant de pétrole que cette année là.

 

hubbert-peak.jpg 

Nous sommes en train de revivre le même phénomène, à l'échelle mondiale cette fois.

 

En France, c'est lors du choc pétrolier de 1973 que l’Etat prend conscience du risque que représente une telle dépendance aux approvisionnements énergétiques étrangers. Ce sera le lancement du grand programme électronucléaire que nous connaissons tous. Cependant, cette décision n’était pas liée à un problème de quantité disponible mais uniquement à des paramètres géostratégiques et politiques.

 

A la fin des années 90, l’ASPO commence à alerter les décideurs sur les dangers que le pic pétrolier représente. Pourtant, rien ne sera fait dans le monde pour changer les choses et diminuer notre dépendance.

 

Aujourd'hui, malgré les rapports et conférences des spécialistes français comme les experts de l'IFP, c'est le doute qui prime. Comme pour le réchauffement climatique, vous trouverez toujours quelques sceptiques qui, pour exister médiatiquement, sèmeront le doute dans les esprits par pur esprit de contradiction.

 

La  conscience des limites de nos ressources planétaires est finalement très récente. Elle ne concerne pas que le pétrole mais toute la biodiversité, l’eau et toutes les ressources minérales. Et cela n’est pas encore suffisamment ancré dans les esprits pour que la transition devienne nécessaire aux yeux de tous.

 

La confusion

 

Lorsque le pétrole est abordé dans les médias par de nombreux journalistes, économistes ou politiciens, il y a très souvent un mélange dans les termes et chiffres employés. Ce mélange génère une confusion permanente auprès des profanes qui ne savent plus vraiment qui croire et ce qu’il faut croire.

 

confusion.jpg

 

Ainsi, un grand nombre de personnes ne savent pas différencier les ressources, les réserves ultimes ou les réserves prouvées. Ces notions techniques ne sont pas forcément simples à comprendre et elles sont pourtant fondamentales pour déchiffrer les propos tenus dans les médias.

 

Aujourd’hui, la découverte d’un gisement de 3 milliards de barils sera présentée comme un évènement majeur et donnera l’impression que l’on découvre encore plein de pétrole de nos jours.

 

Or, ces gisements sont dérisoires comparés aux 30 à 50 milliards de barils découverts tous les ans entre 1955 et 1980,  et les 1300 milliards qu’il nous reste dans les réserves prouvées ! Cela ne change donc pas grand chose au problème.

 

Decouvertes-petrole.pngévolutions des découvertes de gisements de pétrole depuis 1930

 

Cette manière de présenter les choses, hors de leur contexte, oriente donc considérablement le point de vue du public et ne permet pas de distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas.

 

La désinformation

 

La première désinformation qui me vient à l’esprit est celle du délai que nous avons pour agir. Ce chiffre est probablement celui dont on parle le plus, celui qui fait le plus débat. C’est pourtant une énorme supercherie mais tout le monde semble s’en accommoder.

 

Encore aujourd’hui, la plupart des non-spécialistes qui s’expriment dans les médias parlent de 40 années de pétrole disponible à consommation constante. Ce chiffre calculé par le ratio R/P (réserves/production) ne correspond à aucune réalité physique. C’est pourtant le chiffre que tout le monde à en tête, éloignant de nous la nécessité d’engager une transition profonde.

 

desinformation_tele.jpg

 

Cette désinformation arrange finalement tout le monde, tant les gouvernements qui n’ont pas à répondre aux inquiétudes de la population, que les citoyens eux-mêmes qui n’imaginent pas que la société dans laquelle ils vivent sera bientôt profondément transformée.

 

La foi en la science et la technique

 

Les avancées considérables que certains pays ont connues depuis la révolution industrielle ont donné à l’Homme le sentiment qu’il n’avait plus de limites. La thermodynamique a démultiplié nos capacités de progrès, supprimé les tâches ingrates libérant ainsi nos cerveaux et capitaux pour générer encore et toujours plus de progrès dans tous les domaines.

 

Nos générations n’ont donc jamais connus de difficultés insurmontables et la technologie a toujours apporté, d’une manière ou d’une autre, des solutions à nos problèmes.

 

Comment concevoir alors que quelque chose puisse survenir sans que nous puissions y apporter une solution technique ? Chaque jour qui passe est le témoin de nouvelles avancées et découvertes énergétiques, des milliards sont investis pour tenter de trouver LA solution qui fournira l’énergie à l’humanité, sans polluer, sans gaspiller, et accessible à tout le monde.

 

algues.jpg

 

Chaque avancée est une lueur d’espoir qui vient allonger la longue liste des petits progrès qui font avancer les choses … mais qui ne changeront pas le problème ! Réussir une expérience dans une éprouvette de laboratoire n’a absolument rien à voir avec les millions de barils de pétrole par jour qu’il va bientôt manquer au monde.

 

Pourtant, c’est encore une bonne raison pour ne pas se poser les bonnes questions, pour laisser faire les spécialistes et attendre, impassibles, que le problème soit réglé.

 

L’absence de solution

 

Lorsque vous demandez des solutions à des experts de l’énergie, ils essaient de mettre tout cela en équation et ils vous répondent qu’on ne peut rien faire à part diminuer considérablement nos consommations (sans forcément savoir comment) et construire des centrales nucléaires car c’est la seule source d’énergie dont les ordres de grandeur peuvent être comparés à ceux du pétrole.

 

Malheureusement  ce scénario se heurte aux nombreux problèmes que cela implique : coûts et délais de la recherche pour développer la quatrième génération de réacteur, surcoûts et incertitudes pour la  fabrication des centrales actuelles, démantèlement, pic de l’uranium, sécurité des sites, gestion à très long terme des centrales et des déchets, production centralisée etc …

 

Quant aux énergies renouvelables, elles doivent être développées mais ne compenseront pas le manque de pétrole.

 

Du côté des politiciens, ils doivent composer avec tout le monde et ne fâcher personne. Transformer nos modes de vie passera forcément par la suppression progressive ou brutale de certains pilliers actuels de notre économie. Or, dans notre démocratie, les gens ne sont pas prêts à voter pour une personne qui forcera le changement et qui imposera des reconversions professionnelles.

 

Imaginer l’après pétrole reviendrait donc à sacrifier certains métiers comme les transporteurs routiers, les plateformes logistiques et la grande distribution, la production de masse, les industries délocalisées ou les constructeurs d’avions pour leur imposer une urgente reconversion. Il y aura du travail pour tout le monde, mais surement pas le même qu'aujourd'hui ! Quel chef d’Etat serait prêt à un tel suicide politique ? Mieux vaut ne rien dire et laisser cela au prochain élu !

 

Si nos décideurs et nos ingénieurs ne sont pas capables de nous proposer des solutions durables, équitables et réalistes, il est donc normal que le sujet reste tabou !

 

La solution sera humaine avant tout

 

Nous avons atteint les limites du système. Le pétrole ne pourra pas être remplacé, techniquement, dans les délais dont nous disposons.

 

Si par miracle nous y parvenions, toutes les autres ressources viendraient à manquer car nous continuerions à les surexploiter, c’est mathématiquement certain.

 

Pourtant, il y a une solution et elle ne sera pas globale. Cette solution est la vôtre, celle de votre quartier, de votre ville ou de votre village. Il existe un objectif que chacun doit se fixer et viser en permanence, c’est la résilience. Et cela n’a rien d’idéologique, c’est au contraire très concret et mesurable.

 

Augmentation de la diversité et de la redondance des sources, mise en place de circuits courts et d’une monnaie locale pour favoriser les échanges vertueux au sein du territoire, modification des pratiques énergétiques, agricoles et sanitaires, investissements collectifs pour les infrastructures indispensables, ateliers de partage d’expériences et de savoirs, choix économiques basés sur les besoins de la population etc …

 

Il existe des outils permettant de comprendre ce qu’est la résilience et d’analyser pourquoi nous ne sommes plus résilients. Il faut maintenant se recentrer sur l’essentiel et mettre en place une gestion réellement durable et efficace des ressources locales pour répondre à nos besoins primaires.


 

Ne soyons pas naïfs non plus, la transition ne sera pas simple et imposera des sacrifices pour beaucoup d’entre nous. Mais des solutions existent pour préparer notre avenir et il n’est plus utile de s’enfoncer la tête dans le sable !

 

Le tabou tombe alors, la date du pic est sans importance lorsqu’on a compris qu’il arrivera de toute façon.

 

Nous pouvons tous passer à l’action mais pour cela, il est indispensable de remettre en marche la machine humaine qui s’est endormie progressivement, bercée par le doux ronronnement de nos moteurs à explosions.

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luline 08/12/2010 11:44



Tout cela est très instructif. Merci messieurs. Mais quid du problème de l'eau dont il faudra consommer de grosses quantitiés. C'est comme pour les centrales nucléaires, l'eau est essentiel, et
pendant ce temps là qui pompe, qui arrose les champs, qui étanche sa soif... On voit bien que les problèmes à résoudre son immense et les effets pervers fort nombreux. Et le temps presse.



H3C 07/12/2010 14:30



Bonjour à vous tous,


Merci à vous monsieur Thévard et à vous, monsieur Labat; de vos commentaires et précisions cons- & ins-tructives sur ce débat d'importance.


 


Pour préciser davantage mes raccourcis, pour moi impliquer la société civile dans cette nécessaire conversion n'a rien d'évident. Pour être efficace, il faut que tout le monde acccepte de
modifier sa manière de vivre, de s'éveiller au changement.


 


Mais modifier la donne énergétique locale implique, outre des modifications dans les comportements et modes de pensée (jusqu'ici réservée à une élite sociologique qui a du temps à consacrer à ces
questions majeures), cela implique aussi d'adapter le marché local par une approche globale, et de pouvoir doter la société civile de moyens techniques de corriger le tir à court terme.


 


Certains parlent du développement foudroyant de l'énergie photovoltaïque domestique. Mais quel est l'envers du décor ?


 


C'est une ruée vers les kWh grassement rachetés (on a le record européen en la matière), et des délais de connexion au réseau de distribution qui s'allongent, l'opération est sur le papier
beaucoup plus rentable que des placements du genre LEP/CODEVI/SICAVs/AssurancesVies€. Mais on a aussi des prêts bancaires qui sont indexés sur la base d'un rendement électrique constant dans le
temps, ce qui est absolument faux, car les éléments photovoltaïques connaissent une perte de rendement au fur et à mesure que le temps passe, dans la plupart des cas ce sont des réorganisations à
l'échelle atomique des éléments dopants, composés à bas point de fusion (du genre As, In, Ge, Ga, P, pour ne citer que les plus courants), qui permettent d'obtenir des barreaux de silicium
semi-conducteurs de type N et P.


 


Tout ça pour dire que ceux qui ont installés sur leur toit une installation photovoltaïque, sur la base d'un crédit bancaire, ceux-là vont subir une moins-value dont ils se souviendront
longtemps.


 


En attendant, les fabricants de panneaux ont consommé des centaines de MWh (dont une bonne part de nucléaire et le reste de fossile) pour une technologie que l'on connaît depuis 1905 mais qui a
des défauts inhérents qu'il sera très complexe de résoudre, production qui sera en rendement énergétique négatif. Des ITERS domestiques en somme.


 


Quand le scandale sera publiquement reconnu et révélé, je pense qu'il faudra marcher sur des oeufs en matière de future réaction de la société civile, du moins celle qui c'est fait berner et ils
sont nombreux. Chats échaudés craignent l'eau froide ! >^^

Philippe LABAT 06/12/2010 10:57



Pour H3C, avec tout le respect que je dois à un confrère, je souhaiterais ajouter un mot sur la géothermie
profonde.


 


Le potassium, sous sa forme isotopique de potassium 40, joue en effet un grand rôle dans la chaleur engendrée dans les
entrailles de la terre. L’aluminium, en revanche, n’y contribue pas. Son isotope à la plus longue durée de vie est l’aluminium 26, dont la demi-vie n’est que de 0,7 million d’années. Au bout de
10 millions d’années, il n’en reste déjà plus que 0,006%. L’aluminium 26 se forme en permanence par action sur l’argon atmosphérique du rayonnement cosmique, de la même façon que le fait le
carbone 14 avec l’azote atmosphérique. Mais sa désintégration – relativement – rapide fait qu’il ne peut guère être présent que dans les sédiments très récents, disons datant du Plio-Quaternaire.
Or, ces sédiments sont tous en surface. La désintégration de l’aluminium 26 ne chauffe que les quelques premières centaines de mètres de l’écorce terrestre au maximum. Son abondance très faible à
l’état naturel justifie de le négliger dans le bilan thermique. Voir le site http://www-naweb.iaea.org/napc/ih/documents/FRENCH%20VERSION/Vol_I/Vol%20I_CH12-frh.pdf très
bien fait sur les isotopes naturels des éléments de la classification de Mendeleev.


 


Les autres radioéléments responsables de la chaleur géothermique sont ceux dont la demi-vie est très longue, et qui sont
peu nombreux : thorium 232, uranium 235 et uranium 238. Avec le potassium 40, ce sont ces 4 radioéléments que l’on recherche avec le compteur Geiger qu’est l’outil de diagraphie électrique
connu sous le nom de gamma-ray (que H3C ne m’en veuille pas de cet excès de précisions, je m’adresse à Benoît et à ses lecteurs), qui permet de distinguer les argiles (riches en éléments
radioactifs) des autres matériaux du sous-sol (présumés pauvres en ces éléments), en fin d’opérations de forage.


 


La géothermie profonde est une voie intéressante, mais comme ingénieur pétrolier vous devez connaître les difficultés
liées à la mise en exploitation de cette ressource. En France, un projet est en cours pour exploiter cette chaleur. Il est à Soultz-sous-Forêt en Alsace du Nord. A cet endroit, il existe une
anomalie géothermique qui donne, à la profondeur de 1 000 mètres, une température de 100° C, alors que la normale serait plutôt de 40° C à cette profondeur. Un projet européen y est en
cours. On en trouvera l’historique au lien : http://www.soultz.net/fr/actuelle/. Pour un investissement de 58 millions d’euros (à en
croire le lien), moyennant le forage de 3 puits à la profondeur d’environ 5 500 mètres chacun, on a une centrale permettant de produire de l’électricité à hauteur d’environ 25 mégawatts,
soit 2% d’une tranche de centrale nucléaire. Sachant que Soultz-sous-Forêt est le meilleur site de France, je vois mal comment on pourrait déployer un réseau de centrales nombreuses et bien
réparties pour exploiter cette chaleur géothermique autrement que de façon marginale. Par ailleurs, quand on regarde la vitesse d’avancement du projet, même s’il doit être qualifié de prototype,
on voit qu’un éventuel développement industriel ne pourra être que très lent, dans tous les cas pas à la hauteur des enjeux. Malheureusement.



H3C 03/12/2010 16:19



Bonjour à vous,


Impliquer la société civile au niveau local, je n'y croît pas.


 


Le fossé culturel entre les sachants, ceux qui connaissent la physique, la mécanique, la chimie et leurs impacts sociologiques, et ceux qui pensent encore que l'énergie vient de la prise murale,
et qui s'intoxiquent sur TF-1 et consorts; que peuvent t'ils nous apporter à part leur ignorance et leur dernier week-end en Rép. Dom ?


La seule solution, c'est de proposer une (r)évolution dans les modes de vie, pour ça il y a l'information : partager son véhicule avec quelqu'un ou un colis, des bricoles qui ne nous sortirons
pas du trou.


Pour agir, il faut du long terme. Même si des politiciens compétents (il y en a !) sont élus, il y a une telle inertie de "l'outil de travail" qu'à l'heure des bilans les réalisations ne seront
pas abouties.


La bonne nouvelle, c'est que les écologistes ont fait 20% aux régionales.


La mauvaise, c'est qu'il manque encore 30.x %; les tensions xénophobes (FN) et la bêtise (UMP, une bonne partie du PS et du centre) gagnent du terrain. Et que les médias nous sont défavorables.


 


L'excellente nouvelle, c'est que cette mondialisation débile va s'arrêter en partie, on ne pourra plus vendre des bricoles fabriquées par des esclaves économiques.


La terrible nouvelle, c'est que cela va générer des conflits, de l'inflation à deux chiffres, une réorganisation brutale de l'économie (chômage).


La bonne nouvelle, c'est qu'une bonne partie de l'immobilier ne vaudra plus rien.


Qui voudra d'un gouffre à calories (maison et appartements anciens) à 20 bornes des centres d'activités ?


La mauvaise, c'est que TOUT va changer, et ça fait peur.


 


La seule solution pour l'impasse énergétique, ce ne sera pas le nucléaire. Car les réacteurs en service ne pourront être prolongés indéfiniment. Quand les français vont découvrir la note
ahurissante à payer (l'actionnaire s'en bat les c*****s, il a empoché jadis les profits de cette monstruosité technique); là je pense qu'il va être difficile politiquement de faire à nouveau
passer la pilule nucléaire.


Mais il sera trop tard.


En attendant ces réjouissances, ce ne sont pas les énergies alternatives qui vont nous sauver, je pense à des centrales (qu'il faudra nombreuses et bien réparties) visant à exploiter par de très
grandes profondeurs la chaleur du noyau.


Il faut dire que cette dérive continentale, ces éruptions volcaniques et ses séismes dévastateurs, ça fait 4 milliards d'années que ça dure, et c'est pas prêt de se terminer.


Pourquoi ?


Parce que la dégradation radioactive naturelle des isotopes de l'aluminium et du potassium, matériaux très présents dans la croûte terrestre, cette énergie là n'est pas près de s'arrêter. La
demi-vie de ces nombreux isotopes s'étend sur près de 3 milliards d'années.


Le seul pays qui en a fait sa base énergétique, c'est l'Islande.


La Californie, pays hautement sismique a également un groupement de centrales géothermiques générant 750 MW (The Geysers, comtés de Sonoma et Lake) + 570 MW de capacité (Comté
d'Imperial), soit 1320 MW actuellement, depuis les débuts du programme, en 1960.


Pour rappel, un hypothétique EPR qui coûte bonbon et qui nous spolie, c'est 1600 MW théoriques et une damnation économique : on privatise les profits, on nationalise les poisons de la fission et
les pertes liées au démantélement et au "toujours plus".


Sans compter la panique des jours les plus froids de l'année où l'on risque le black-out généralisé, et les quelques centaines de MWh-charbon/gaz importés en catastrophe auprès de nos voisins...
Parce que le sous-produit de la génération d'électricité, c'est de l'eau chaude qui réchauffe les courants d'air et les rivières/fleuves/océans; avec de beaux poissons riches en Iode-131 &
consorts.


Dans les ouvrages de SF on apprend qu'une civilisation avancée maîtrise l'énergie du noyau planétaire. Dans bien des domaines, la réalité a désormais rejoint la SF, et pas ces meilleurs côtés je
dois dire : l'état coercitif, autoritaire, policier pratiquant le fichage généralisé et ploutocratique, assorti de dispositifs conservateurs anti-démocratique, par la crétinisation des masses,
notamment.


 


Je peux vous affirmer qu'un seul pays qui optera pour cette voie là (j'entend pas de source géothermique sous la main, donc on creuse pour l'atteindre) se verra "concurrencé" par les autres
puissances, surtout si le baril est sur la flambée sans fin. C'est juste une question de vitrine. Il arrivera bien un moment où le noeud énergétique nous étouffera au point d'innover sous cet
angle là.


Des programmes comme ITER sont le pire côté de cette tendance SF : on claque des milliards pour que les vieux élèves des Mines (car c'est eux qui nous gouvernent effectivement et manient les
Présidents, euh non, les marionnettes passées et notamment l'actuel, qui est un VRP fidèle mais surtout un sot qui ne connaît même pas le principe d'une réaction de fission, il s'en branle faut
dire...); donc ces savants pompeux de l'X et consorts exigent de nous qu'il fassent mumuse avec une chaudière rutilante à tritium évanescent, pour finalement générer des neutrons siénergétiques
que le revêtement du Tokamak fout le camp. Mais ils se sont bien amusés, ils ont pondus des équations kilométriques, ils se sont fait PLAISIR. Et pis, c'est Prestige, hein, ça fait classe :
THERMONUCLEAIRE, je vous dit !


Pour info, le record de durée de réaction de JET (Joint European Torus, réacteur thermonucléaire expérimental Anglais) c'est moins de 3 minutes, et un rendement énergétique négatif bien
sûr.


Depuis 1950, on fait des bombes H qui marchent très bien et polluent toujours (cf. le cas de Semipalatinsk, de Castle Bravo, de toutes ces merdes), mais depuis 1950 on sait qu'on aura jamais la
bouteille pour une réaction de ce type. A part le cas du Soleil, mais 149,6 millions de kilomètres, ça fait un peu loin...


Il arrivera bien un moment où l'on verra dans le pétrole une source incontournable de création de matière, par la pétrochimie, son côté énergétique relié désormais à un coût tellement exorbitant
fera qu'on DOIT trouver un relais stockable. Et ce n'est pas le nucléaire qui peut et doit prétendre à ce titre, de génération 1,2, 10, 30
d'ailleurs.


La question qui tue, c'est : est-ce bien réalisable que de créer un "Eurotunnel à la verticale", est-ce fiable au fil du temps; et quand une
puissance économique se lancera en premier lieu...


 


Pour ceux qui ne le savent pas encore, les panneaux photovoltaïques exigent de générer des matrices en silicium monocristallin. Ces cristaux artificiels réclament un fort courant électrique, la
production des panneaux coûte très cher et contrairement à l'aluminium; ils ne sont pas recyclables, ni inaltérable. Avec le temps, les éléments chimiques de dopages, employés pour faire l'effet
semi-conducteur recherchés, ces éléments là migrent et se regroupent, la matrice se micro-fissure, le rendement d'origine (8% environ) chute pour tendre vers zéro.


Les seuls panneaux solaires possiblement réalisables, c'est des panneau thermiques pour élever la température d'n fluide caloporteur. C'est pas cher, c'est durable, c'est le seul levier pour
faire avancer le monde, l'éduquer et faire réduire la population mondiale par une transition démographique plus que jamais nécessaire.


Négliger ce dernier point, c'est s'entretuer à la MadMax, et enterrer notre espèce, ni plus, ni moins.


"Au suivant !"


Bien à vous tous.


Un ingé du pétrole, de la génération Tchernobyl. Chômage, immobilier ruineux, mais des idées quand même. Mais sans télé.



Benoît Thévard 06/12/2010 09:15



Beaucoup de choses dans votre message "un brin" pessimiste ! Mais il est difficile de ne pas l'être quand on imagine l'avenir et que l'on constate le fonctionnement de l'humain.


Cependant, si vous ne croyez pas à l'impplication de la société civile locale, alors vous ne pourrez croire en rien puisqu'il n'y aura pas de solution globale pour permettre de répondre aux
besoins de tous de la même façon, quelle que soit la configuration du territoire.


Je ne crois pas que nous aurons le temps de changer tout le monde avant le clash, mais l'idée même d'informer la population et de lui donner des idées me semble une étape indispensable pour
éviter l'effet de (mauvaise) surprise.


En revanche j'ai du mal à comprendre comment des panneaux solaires thermiques peuvent être "le seul levier pour faire avancer le monde, l'éduquer et faire réduire la population mondiale" ...


Même si je suis persuadé que le solaire thermique est un outil énergétique important, je ne vois pas le rapport avec l'éducation et la démographie.


Bien à vous également et merci pour votre contribution.


 



cyril 10/11/2010 10:09



La date du pic ? Mais nous y sommes, Que vivons-nous aujourd'hui ? Il suffit d'ouvrir les yeux.