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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 14:38

Nous sommes à quelques jours de l’élection présidentielle et la plupart des candidats misent sur la croissance économique, de manière directe ou indirecte. Seuls trois partis politiques ont décidé de changer leur fusil d’épaule en disant vouloir sortir du modèle productiviste, de l’utilisation du PIB comme seul indicateur de bon fonctionnement et des objectifs de croissance de celui-ci (EELV, Front de Gauche et NPA).

 

candidats.jpg source: France3.fr


Ce changement de perspective ne s'inscrit pas toujours dans la cohérence, puisque le spectre du « pouvoir d’achat », associé à l'augmentation des salaires proposée par certains, vient souvent justifier une augmentation de la consommation des ménages et donc une stimulation de l’économie.

 

Contexte

 

Etant donné la conjoncture économique actuelle, marquée par les crises et l’accroissement de la dette publique, proposer des orientations économiques globales qui s’affranchissent de la logique de croissance du PIB n’est visiblement pas un bon élément de marketing.

 

La seule explication rationnelle tient à l'organisation de notre système. D'abord, l'économie de marché pour laquelle il faut que:

  1. la demande soit supérieure à l’offre et donc ...
  2. que la population consomme et donc ...
  3. que la population travaille afin de gagner un salaire et donc ...
  4. que le salaire soit toujours légèrement supérieur aux besoins pour générer une demande supplémentaire et donc ...
  5. que l’entreprise fasse toujours plus de profit et donc ...
  6. que l'entreprise ait toujours plus de clients et donc ...
  7. que la demande soit supérieure à l’offre et donc ...
  8. que la population consomme etc…

Et puisque cela ne suffit pas, on la croissance est aujourd'hui alimentée par l'endettement, lui-même basé sur un espoir de croissance qui permetra de rembourser la dette ... Vous l'aurez compris, c'est une logique sans fin !

 

A l’inverse, s’il n'y a pas de croissance économique, le PIB diminue, les crédit ne sont pas remboursés et les conséquences économiques et sociales, dans le système actuel, sont nombreuses et généralement désastreuses pour les populations les plus modestes.


QUESTION

 

Est-il simplement possible de continuer à

faire de la croissance économique ?

 

Pour que l'économie poursuivre sa trajectoire de croissance, il faut donc augmenter les idées, le travail, l’accès aux ressources naturelles et la consommation. Le facteur commun à ces éléments, c'est l'énergie.


L’énergie, c'est ce qui permet aux êtres et aux choses de fonctionner. Ainsi, les êtres animés ont besoin de nourriture pour vivre, les véhicules et les machines doivent être alimentés en carburant, les habitats doivent être alimentés pas de l'électricité, du gaz, du bois, du mazout...


Regardez autour de vous et demandez-vous ce qui n’a pas besoin d’énergie pour son transport et/ou sa fabrication. Avec quoi sont fabriqués votre écran, votre clavier et tout ce qu'il y a autour de vous ? D’où viennent-ils et comment ont-ils été transportés ? Avec quoi fonctionne votre ordinateur ? Comment allez-vous au travail ? Comment sont chauffés les bâtiments de votre entreprise. Tout est énergie, or aujourd’hui, la croissance de l'économie mondiale est alimentée par des énergies fossiles à plus de 80%.

 

Nous savons bien que le réchauffement climatique, le pic pétrolier et la diminution permanente de l’EROI feront baisser la consommation d’énergie mondiale, que ce soit de manière volontaire ou contrainte. Il est alors indispensable de se demander s’il est possible de faire de la croissance économique en diminuant la consommation d’énergie.

 

Les levier qui permettent d'agir sur la consommation énergétique d'un pays sont les suivants.

 

bilan

 

La démographie (Nombre d’habitants)


Puisque pour simplement vivre il faut consommer de l’énergie, chaque habitant de plus sur cette planète représente une augmentation de la consommation globale. Bien sûr, un enfant né au Qatar ou en France aura plus d’impact qu’un enfant né au Bengladesh !

 

Actuellement, la population mondiale augmente d’environ 80 millions d’habitants par an et il semble hors de question de chercher à mettre en place une régulation à ce niveau.


population.gif Evolution de la population mondiale.

Source: www.manicore.com

 

Le niveau de vie (€/habitant)


Lorsqu’une population se développe et s’enrichi, le niveau de vie moyen par habitant augmente et provoque une croissance de la consommation de ressources et d’énergie.

 

Actuellement, le PIB mondial augmente de 3,3% par an et il semble hors de question d’envisager une décroissance économique mondiale.

 

 -Evolution_PIB_an_1_a_2003.jpgEvolution du PIB mondial.

Source: Angus Madison

 

Dans la mesure où ces deux premiers leviers ne peuvent pas être actionnés politiquement, il ne reste qu’un troisième paramètre pour provoquer une éventuelle diminution de la demande énergétique.

 

L'intensité énergétique (Tep/€)

 

C’est l’énergie consommée pour faire de la richesse économique. Jusqu’aux années 70 et les chocs pétroliers, il fallait toujours plus d’énergie pour produire une unité de richesse économique. Or depuis cette période, la tendance est à la diminution au travers de l’efficience des équipements (voitures, électro ménager, procédés industriels etc…).

 

Actuellement et depuis de nombreuses années, elle diminue au mieux de 1% par an.

 

intensite-energetique-monde.pngEvolution de l'intensité énergétique mondiale.

Source: www.connaissancedesenergies.org

 

Pour simplement stabiliser la consommation d’énergie mondiale, avec une croissance du PIB de 3,3% par an et une augmentation de la population de 80 millions d’habitants par an (situation actuelle), il faudrait une diminution de l’intensité énergétique de 4,1% par an, c'est-à-dire 4 fois plus importante que le taux actuel. Sacré challenge pour les ingénieurs !

 

Nous pourrions imaginer que, par je ne sais quel miracle, l’innovation technologique connaisse des avancées considérables à l’avenir, mais malheureusement, la réalité des limites physiques de la planète travaille en sens inverse. En effet, les ressources naturelles, qui sont à la base du fonctionnement de notre société (ressources fossiles et minérales, eau et biodiversité), demandent toujours plus d’énergie et de matériaux pour être exploitées car elles sont de plus en plus rares, de moins en moins accessibles et de plus en plus chères.

 

De plus, l’efficacité énergétique génère un effet rebond. C'est-à-dire que l’énergie qui est économisée par un équipement devient disponible pour un nouveau besoin (ampoule qui consomme moins = plus d’ampoules installées, téléviseur qui consomme moins = écran plus grand, véhicule qui consomme moins = plus de kilomètres parcourus etc…). Tous les progrès réalisés dans les années passées n'ont jamais conduit à une diminution globale de la consommation.

 

Le cas particulier de l'Allemagne

 

Certains rétorqueront que l’Allemagne, ces dernières années, a su conserver un fort taux de croissance sans augmenter sa consommation d’énergie. Je réponds simplement deux choses. D’une part, le calcul de l’intensité énergétique d’un pays dans une économie mondialisée n’a de sens que si l’on tient compte de l’externalisation des productions les plus polluantes dans les autres pays.

 

L’Allemagne a basé sa politique industrielle sur la haute technologie, c'est-à-dire des produits à forte valeur ajoutée économique mais dont les matériaux ont été extraits, traité et transformés ailleurs. D’autre part, l’Allemagne a stabilisé sa population et donc le nombre de consommateurs d’énergie, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays dont la France. Dans ces conditions, prendre l’exemple de l’Allemagne sans remettre en contexte n’est donc pas pertinent.

 

population-allemagne.jpg


Conclusion

 

L’amélioration de l'intensité énergétique est aujourd’hui le seul espoir, la seule bouée de sauvetage des (rares) économistes conscients de la limite des ressources, même si elle n’a jamais permis une diminution de la consommation globale d’énergie.

 

C’est pourquoi, un programme politique basé sur la reprise de la croissance économique et qui ne tient pas compte de la démographie est une politique de très court terme, irresponsable, vouée à l’échec et ignorante des réalités physiques de notre planète.

 

Nous savons que nous devrons diminuer notre consommation d’énergie, ce qui rend obsolète le système basé sur l’économie de marché et donc sur la croissance économique.

Publié dans : Regard critique - Voir les 11 commentaires - Ecrire un commentaire
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Commentaires

Article qui nous prouve malheureusement encore un fois que les candidats sont à coté de la plaque... snif 

On a les candidats qu'on mérite.... le retour de baton va faire mal !

Commentaire n°1 posté par jibi le 16/04/2012 à 20h29

Bonjour Benoit

Un peu plus rares, mais toujours aussi intéressants, merci pour tes articles.

En terme de communication grand public, j'aime beaucoup le concept de TRE ou de EROI, mais le flou du mode d'évaluation et le grand écart, sur les TRE des sources d'energie, donnés par les sources  d'infos existantes pénalisent clairement son utilisation.

As tu des infos, un article  ? un livre ? pertinent et fiable, sur ce sujet à recommander ?

Toujours en terme de communication, ça fait 2 fois en une semaine que j'ai un echo sur la production d'hydrocarbures au USA qui serait en forte croissance depuis qqs années (une fois à la radio mais je n'ai pas noté les ref ) et une seconde dans un article repris par courrier international: 

http://www.courrierinternational.com/article/2011/11/24/les-etats-unis-a-deux-doigtsde-l-independance-energetique

Je sais bien que c'est bientôt les elections américaines et qu'il est valorisant pour OBAMA de mettre ça en avant (même, si il disait le contraire il y a 3 ans), mais à ton avis, quelle est la réalité et la durabilité du rebond de la production d'hydrocarbures aux USA.

Cordialement

A+

Henry

Je t'envois une e-mal sur ta boite pour une eventuelle conference à Bordeaux

 

Commentaire n°2 posté par henry le 16/04/2012 à 20h59

« Actuellement, la population mondiale augmente d’environ 80 millions d’habitants par an et il semble hors de question de chercher à mettre en place une régulation à ce niveau.»

Hors de question pour les 10 candidats ainsi que pour la plupart de nos "élites", mais du côté du citoyen lambda, pas si sûr : le résultat de la pétition lancée par l'association Démographie Responsable en atteste...

Commentaire n°3 posté par Manso le 16/04/2012 à 23h11

Informations non-conventionnelles venant de la branche Action du groupe

Aujourd’hui, un député a signé:
Michel HAVARD
Président de l’Association Bilan Carbone
PARIS – FRANCE
"Agir pour une société décarbonée est une priorité pour l’Association Bilan Carbone (ABC).
Le développement de méthodes pour mesurer et agir, l’engagement de personnes pour convaincre et mettre en place les actions nécessaires sont autant d’étapes fortes pour changer nos sociétés. C’est pourquoi, en tant que Président de l’ABC, je souhaite apporter tout mon soutien à cet appel."

Une ancienne ministre de l’environnement, Corine Lepage a signé.

Je suis non-partisan et j’ai dit aux QG de Sarko et de Hollande ceci:
« Comme expliqué précédemment, notre appel à une mobilisation de la société face au pic pétrolier se veut
non partisan. A titre personnel, et comme j’ai pu le constater dans mes activités professionnelles, je pense que le véritable clivage politique n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre lesimbéciles (pour rester poli) et les autres. »

Marie-Hélène Aubert n’a pas apprécié. Rien à foutre. Elle a mon numéro de portable, mais pour le moment, son parti est minable. Zéro député et Madame m’a dit « je n’ai pas de leçon à recevoir ». Ben, si elle veut des leçons, elle a qu’à pas les demander ! Elle va me trouver: je suis pas un minable. Je lui ai demandé de me mettre en relation avec son pote Danny: rien.

Je crois qu’elle se fout grave de notre gueule: qu’en pensez-vous ?

Message authentique d’ElaX, 3ème signataire en ligne

Commentaire n°4 posté par ElaX le 17/04/2012 à 02h47

La dépendance énergétique de la France n'est pas nouvelles et il me semble qu'il a toujours exister depuis l'ère industrielle et le déclin du charbon. 

@Henry, la résorbtion de la dépendance énergétique des USA n'est pas due à la forte croissance des ENR (11% de la production). Elle certainement due aux nouvelles extractions des ressources naturelles comme celles des gaz de schistes et de pétrole bitumeux qui sont autorisés aux USA  Un grand sacrifique que les citoyens et industriels sont déjà en train de payer (parfois de leur vies) par une forte dégradation sanitaire et environnementale. Je pense que vous devriez effectuer des recherches sur les estimations et la réalité de ces reserves basées sur les indices de ces 2 techniques et de prévisions de découverte de gisement (comme on a pu le faire pour le prévision de découverte de gisement pétrolifères). Je précise que je ne suis pas spécialiste mais il me parait évidemment que leur système énergétique est basé sur l'exploitation de ressources naturelles. Or celles ci tendaient à disparaitre sur leur territoires avant les nouvelles technqiues d'extraction... j'en ai fait ma déduction...

Bonnes recherches !

Commentaire n°5 posté par Gourdet Julien le 17/04/2012 à 14h47

''ce qui rend obsolète le système basé sur l’économie de marché et donc sur la croissance économique.''

Et la grande question c'est de deviner comment va-t'on sortir de ce modèle étant donnée que la majorité des populations (au moins celle des pays riches) n'est aucunement sensibilisée sur la raréfaction de l'energie bon marché. Quoique aujourd'hui, les infos parlent de la diminution de la consommation de super en raison de son prix toujour plus élevé. C'est peu-être un début ...

Commentaire n°6 posté par Mathieu le 18/04/2012 à 12h40

Voilà une position toute personnelle exprimée dans un style tout personnel.

 

Hé, les candidats !

Je ne voterai pas.

Vos programmes sont immondes

Je ne veux plus de votre monde.

 

 

J'ai assez perdu à votre jeu

Je prends les choses en main.

Je m'occupe de demain:

Je suis un homme sérieux.

 

 

Y a eu trop d'abus de pouvoir

Et ça commence à se savoir !

Le Peuple, il est furieux

Et grave il vous en veut.

 

 

C'est que ça va pas rigoler:

Les guns des cités sont alignés,

Alignés avec ceux des condés

On n'est plus protégés !

 

 

Sarko, t'as tout pourri

Tu nous as fait le mépris

Je te le rends bien

Parce que vous le valez bien !

 

 

Parce que vous le valez bien !

Parce que vous le valez bien !

 

 

J'ai la haine sur le FN

Le PS a un cas de déesses, un DSK

Je pardonne pas le cas

Rien qui me convienne

 

 

Tu causes pas pétrole ?

J'envoie le vitriol.

Sors la tête du seau !

Arrête de faire le beau !

 

 

Hé, les candidats !

 Je ne voterai pas.

Vos programmes sont immondes

Je ne veux plus de votre monde.

 

 

 

Commentaire n°7 posté par ElaX le 20/04/2012 à 03h42

En France, les politiques n'agissent que si le problème est là, pas avant. Donc patience, quand le coût sera vraiment trop chère, ils agirons.

Mais d'ici là tous les politiciens pro-pétrole(quelque soit leur pays d'appartenance) feront tout pour continuer à s'en mettre plein les poches, jusqu'à ce que la source se tarisse.

Olivier.

Commentaire n°8 posté par Olivier le 23/04/2012 à 13h42

1% d'amélioration de l'intensité énergétique par an ?

Mais corrigé de l'inflation ou pas ? je ne crois pas ... ce qui signifie qu'elle ne s'éméliore pas vraiment en réaltié.

Si je ne me suis pas trompé : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/statistics/search_database

l'intensité énergétique n'est pas corrigée de l'infaltion. Donc en "apparence" elle s'améliore, mais en réalité, elle augmente au lieu de diminuer. Ce qui signifie que pour un point de PIB réel en plus (corrigé de l'inflation) l'inténsité énergétique augmente au lieu de diminuer ...

ca me semble capital comme information. Pouvez confirmer ou infirmer ?

Commentaire n°9 posté par yoananda le 25/04/2012 à 01h21

Bonjour et désolé pour le délai de réponse à ce commentaire pertinent. Il semble que la correction de l'inflation soit une base en économie et j'ose espérer qu'elle est bien effectuée.

En général, la monnaie et son année de référence sont citées en légende indiquant que le calcul est bien corrigé de l'inflation. Cependant, si ce n'était pas fait, le défi serait encore plus important que ce que j'exprime dans mon article, donc je suis conservatif dans mes estimations ! :-)

Ces dernières années, l'IE a de nouveau réellement et officiellement augmenté, c'est la première fois depuis le choc pétrolier de 73 que la tendance s'inverse. Il est probable que ce soit dû à la diminution rapide et constante de l'EROI.

 

 

Réponse de Benoît Thévard le 14/06/2012 à 15h18

@Henry

Concernant les niveaux de production /consommation et l'indépendance énergétique des USA, cet article récent donne une idée claire de l'état actuel :

 http://www.theoildrum.com/node/9126

Sinon je m'étais amusé une fois à tracer l'évolution de la production énergétique brute mondiale par habitant (cf. http://www.theoildrum.com/files/Primary_Energy_to_GDP_1830_2010_Feb15.xls) en essayant de corrgier avec les données EROI qu'on pouvait trouver ça et là sur le net (sans aucune garantie de véracité)... j'avais pris différentes hypothèses d'EROI plus ou moins déclinantes : on trouvait soit une stagnation, soit une légère diminution sur les dernières années. Cependant on pourra remarquer que l'année 2011 a battu de nouveaux records de production, il faudrait avoir des données plus récentes et surtout des EROI plus étudiés.

Commentaire n°10 posté par toniomex le 26/04/2012 à 11h31
À mon avis vous faites fausse route en accusant "l'économie de marché". Votre première condition ("la demande soit supérieure à l’offre et donc ...") n'est pas vraie. Une économie de marché n'a pas besoin de croître en permanence. C'est notre système monétaire actuel, parfois appelé argent-dette, qui est croissanciste par nature à cause du paradoxe des intérêts manquants. C'est une des principales barrières au changement qui font que rien n'a changé alors que Meadows prévoyait déjà il y a 40 ans que l'on fonçait dans le mur.
Commentaire n°11 posté par Changaco le 30/06/2012 à 00h38

Vous avez raison en ce sens que l'économie de marché serait plus un outil de croissance que la cause elle-même.  Le raccourcis de l'article était probablement  trop rapide, merci pour ce réajustement.

Réponse de Benoît Thévard le 08/07/2012 à 10h50

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  • Ingénieur indépendant Energie et Résilience des territoires Préparation de l'après pétrole, Recherche sur la résilience territoriale et la gestion des biens communs, membre de l'institut Momentum

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