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Avenir sans Pétrole

Robert L.Hirsch: un témoignage majeur sur le pic pétrolier

17 Septembre 2010 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Pic pétrolier

Cet entretien est paru les 15 et 16 septembre 2010 sur le blog de Oil Man, à l'occasion de la sortie du livre de Robert L. Hirsch:  The Impending World Energy Mess  ou « Le désordre énergétique mondial imminent ».

 

couverture-hirsch.jpg

 

Robert Hirsch est un spécialiste des questions énergétiques ayant travaillé pour l’État et le secteur privé. En 2005, c’est lui qui est à l’origine de l’étude sur le pic pétrolier du DOE (Department of Energy) des États-Unis.

 

Ce témoignage majeur vient encore une fois confirmer la théorie du pic pétrolier et  surtout de ses conséquences potentielles.

 

Je ne vais pas reprendre tout l'article mais simplement faire ressortir quelques points remarquables:

 

-Début du déclin de production mondiale dans 2 à 5 ans

 

Ce délai est le pire que j'envisageais, mais ne me surprend pas.

 

 

-Deux vitesses de déclin de la production pétrolière envisagées: 2% ou 4% par an

 

Le choc pétrolier de 1973 était causé par une baisse de 4% de la production. Cela semble très peu mais les conséquences sur l'économie sont dramatiques.

 

 

-Baisse du PIB mondial pendant plus d'une décennie

 

Il s'agit d'une situation inédite, bien évidemment.

 

-Récession économique comprise entre 20 et 30%

 

Je vous laisse imaginer ce que cela peut donner, dans une société qui ne peut même pas tolérer un simple ralentissement de la croissance !

 

-Il y a un risque de voir les pays producteurs économiser leurs réserves de pétrole

 

Cela vient confirmer le risque de voir apparaître une réelle pénurie dans les pays importateurs comme la France.

 

-Les réserves d'Arabie Saoudite ne peuvent pas être réalistes

 

Cette information n'est pas nouvelle, mais elle est une fois de plus confirmée par un des plus grands experts du secteur.

 

-Aucune chance pour que le solaire, l'éolien et la biomasse fournissent une énergie suffisante

 

Aucune surprise, mais là encore, cela confirme le fait qu'il ne faudra pas compter uniquement sur une réponse technologique.

 


 

Extrait:

"Où que vous viviez, quelqu’un doit vous amener votre nourriture. Or l’agriculture moderne marche au pétrole, parce que les tracteurs qui labourent le sol plantent les graines et récoltent marchent au pétrole. Ensuite il faut transporter la nourriture vers un processeur quelconque, puis il faut encore la transporter jusqu’à vous."

 

Ca me rappelle quelque chose ...


Robert L. Hirsch donne un exemple à titre d'illustration du problème de la compensation:

Il explique que l'Afrique du Sud, en état d'urgence et de guerre lors de l'embargo sur les produits pétroliers, a mis 3 ans pour construire une usine qui produit 100.000 barils par jour à partir de charbon, sans contrainte financière ni climatique ...


Pour le monde ce seront des millions de barils par jour qu'il faudra produire et dans une situation économique potentiellement dramatique et avec des conséquences majeures sur les émissions de GES !

 

 

Je vais m'arrêter là car il me semble plus intéressant que vous alliez lire cet entretien au complet:

 

Entretien avec Robert L. Hirsch - 1/2

Entretien avec Robert L. Hirsch - 2/2

 

Chaque nouveau rapport, chaque nouvel entretien avec les spécialistes, ingénieurs ou politiques sur le sujet vient s'ajouter à la déjà longue liste de ceux qui ne se voilent plus la face et affirment qu'il y a urgence.

 

Personne n'a réellement de solution et la seule que je connaisse c'est celle dont je parle dans ce blog:

 

Réorganisation locale, prise en compte du risque de pénurie pétrolière et de ses impacts sur l'organisation du territoire, mise en marche vers plus de résilience par un rassemblement de la population et des élus locaux dans un projet commun.

 

N'attendons plus !

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Alain Le Gargasson 18/09/2010


La date du pic de production importe peu, demain ou dix ans, le plus important est d´analyser quelles en seront les conséquences et si nous pouvons y remédier ou non. Que se passera-t-il dans un
monde sans pétrole et quelle influence dans notre mode de vie? Production d´aliments – Le monde consomme 180 millions de tonnes d´engrais (NPK) et phytosanitaires. - De 100 à 150 litres par ha de
diésel. De 1900 et 2000 la production mondiale d´aliments a augmenté de 600% et la population de 1,7 à 7 milliards de personnes. Sans les engrais le rendement diminue de 40% (Regardons la Corée du
Nord avec 1 Million de morts de faim pour imaginer notre futur sans engrais et pétrole). La pêche, retour à la voile? Les bio-combustibles à grande échelle sont inimaginables avec une crise
alimentaire. Grande difficulté dans l´extraction des matières premières – charbon, fer, cuivre, bauxite, uranium, phosphates, potasse etc.. (explosifs, machines et transports (camions, trains,
bateaux etc..)). Importations de pays comme le Canada, Brésil, Corée, Japon , Australie, etc... Électronique - cartes de circuit imprimé, la production des composants (résistances, condensateurs,
transistors, processeurs, transformateurs etc.. ). Radios , TV, ordinateurs, automatismes industriels, etc... Génération d´énergie - tous les isolants de câbles électriques, bobines des
générateurs, huiles synthétiques, isolants de transformateurs de puissance, graisses para roulements à billes. Construction et manutention des usines génératrices d´énergie et du réseau électrique.
Construction civil - fabrication du ciment (2,5 Milliards de tonnes – de 60 à 130 litres de pétrole pour tonne – dépense en énergie supérieur à la production mondiale du nucléaire), du verre, des
plastiques, revêtements, peintures, imperméabilisants (100 millions de tonnes de goudrons pour les routes et les habitations) etc... Industrie automobile – moitié du poids vient du pétrole –
plastiques, caoutchouc, résines, peintures, bobines des moteurs électriques, câbles, injection électronique, pneus, huiles (40 millions de tonnes de produits lubrifiants) etc... Changement de notre
mode de vie. Qui vit à la périphérie des grandes villes n´aura pas de transport. Santé - fabrication des médicaments, des réactifs chimiques. Traitement et distribution de l´eau, des égouts et des
ordures. Communications – plus de médias (tv, radio, internet) sans électricité Fin de la globalisation. Fin de l´industrie aéronautique, et du tourisme international. Fin de la croissance, “crash”
de la bourse e du dollar. Faillites des états et fin des retraites. Le monde consomme 85Mb/j, avec une telle quantité rien ne remplace le pétrole. Nous retournons en 1900 et sans électricité. Tout
le problème est de savoir comment se fera cette transition. Il est grand temps que l´état informe les citoyens sur tous les risques du pic de production de pétrole. Préparer un plan, type ORSEC,
des villes, le retour des personnes à la campagne. Encourager la production locale. Augmenter l´éducation technique dans les écoles, reprendre et actualiser les connaissances agricoles de nos
anciens. Le canal du midi, Versailles, les guerres de Napoléon n´ont jamais utilisé de pétrole, avec notre savoir-faire nous ferons mieux, mais avec moins de gens.


henry 19/09/2010



@alain


Vous me semblez être un chaud partisan du discours d'Yves COCHET.


Personnellement la corrélation très forte entre la démographie et les ressources energétiques , mise en avant par YC, me gêne.


Il me semble plutôt qu'il y a un immense transfert de Main d'oeuvre à faire entre le tertiaire vers les professions manuelles et vers celles nécessitant un effort physique (artisanat, agriculture
, maintenance,....) mais je ne suis pas sûr du tout, qu'il faille, pour réussir notre transition diviser la population par 3.


Pour en discuter 


Cordialement



Alain Le Gargasson 19/09/2010



 


Henry


En vérité j´ai découvert que YC avaient les mêmes idées que les miennes après avoir travaillé très longtemps avec un collègue ingénieur, ancien de Schlumberger
(mesures sur les plateformes de pétrole au Brésil). Nous avons vite compris l´étendue du problème car on ne peut modifier les lois de la physique.


À l'age d'or du cheval, en Angleterre, vers 1900, une part considérable de la production agricole (30%) était destinée aux chevaux.
Que l'on voyage en voiture ou en cheval, la problématique énergétique est la même: Si on veut de l'énergie pour se déplacer, il en reste moins pour se nourrir.


Un parallèle existe entre population, ressources alimentaires, assainissement et santé (OMS), avec une réduction ou absence des trois, la population ne pourra que
diminuer.Malheureusement beaucoup de pays vont souffrir terriblement comme le Japon qui importe 100% de son énergie et 60% de son alimentation. D´autres font
tout pour ne pas réussir comme le Vénézuela qui en imitant le Zimbabwe a perdu 30% de sa production de pétrole et importe sa nourriture du Brésil après des réformes ineptes. Imaginez le Mexique,
l´Algérie, la Libye, l´Iran, la Corée du sud, la Chine sans pétrole ou Israël et les USA. Je ne crois pas à une transition tranquille, le changement sera trop rapide et nous risquons l´anarchie
totale et ses conséquences. La France est-t-elle mieux placée?


Cordialement



energy_isere 11/10/2010



Dans le genre avez vous lu aussi "La Féte est finie " de Richard Heinberg ? 





voir ici:  http://forums.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?p=278964#p278964