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Avenir sans Pétrole

Sommet de Durban: de l'insoutenable croissance globale à la nécessaire résilience locale

16 Décembre 2011 , Rédigé par Benoît Thévard Publié dans #Regard critique

Par Agnès Sinaï et Benoît Thévard pour l'Institut Momentum


Malgré la réalité du réchauffement global, confirmée par une accumulation de travaux scientifiques, la communauté internationale, divisée, s'avère impuissante à s'engager dans une feuille de route l'orientant vers une inflexion radicale à court terme de ses émissions de gaz à effet de serre. Sans doute parce que ces objectifs sont désormais inatteignables dans le temps imparti.

 

enjeuxdurban.jpgSource: leparisien.fr


Il suffit de consulter le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) pour s'en convaincre. L'AIE prévoit que la demande énergétique globale va augmenter de 47% d’ici à 2035. Les taux de croissance des émissions sont très rapides. Le rebond de 5% de la demande mondiale d'énergie primaire en 2010 a porté les émissions de CO2 à un nouveau pic. Selon le scénario prospectif de l'AIE, les émissions cumulées des 25 prochaines années équivaudront aux deux tiers des émissions dégagées depuis 110 ans... soit un réchauffement global annoncé de 3,5°C minimum.


Changer d'agenda


Réconcilier les objectifs de réduction des émissions et les seuils de précaution scientifiques pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C impliquerait que les pays industrialisés amorcent des réductions de 25% à 40% d'ici à 2020. Ces objectifs drastiques pour une hypothétique deuxième période de Kyoto ne pourraient être atteints que par une forte décrue des consommations d'énergie : il s'agirait d'un changement très rapide de modèle de société supposant la remise en question du modèle de croissance actuel.


Mais le débat sur un nouveau modèle post-carbone, voire post-croissantiste, est absent. Focalisées sur l'analyse des mécanismes de Kyoto, les grandes ONG environnementales elles-mêmes n'envisagent pas de réorientation de l'agenda. Devenues expertes, au fil des années, de la comptabilisation de l'air chaud et des échappatoires liés à l'inclusion des forêts dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre, elles ne sont pas parvenues à faire émerger des propositions autres qu'une correction à la marge des aberrations originelles du système Kyoto.


Une énergie politique à réorienter


En 2009, Copenhague fut une démonstration de l’incapacité des pays du monde à trouver un accord, malgré le consensus scientifique et la mobilisation des ONG et des citoyens. Durban aura confirmé que les peuples ne doivent plus attendre le consensus mondial, et qu’ils doivent se préparer, pour anticiper les bouleversements climatiques, énergétiques et économiques auxquels ils vont être confrontés.


Toute l’énergie dépensée par nos gouvernants pour soutenir une croissance économique en état de mort clinique, est autant d’énergie qui ne sera pas affectée à la préparation de notre avenir, d’une nouvelle ère post-fossile au climat perturbé et à l’économie terrassée.


En l’absence de décisions mondiales permettant d’inverser réellement les tendances, citoyens et élus locaux peuvent se sentir impuissants. Pourtant, il reste l’échelle locale pour  mettre en œuvre des politiques à la mesure des perturbations que nous allons vivre. Il reste la possibilité, pour les citoyens et élus des territoires d’améliorer la résilience locale, la capacité à subir un choc ou un changement perturbant et à s’y adapter, tout en conservant ses fonctions principales et son identité.


Peut-être qu’alors, faisant le constat que les citoyens apprennent localement à se passer du pétrole, de la croissance du PIB et de la surconsommation matérielle, les dirigeants assumeront la volonté de leur peuples et accepteront de changer d’ère.

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Véronique 17/12/2011 01:08


Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Selon l'état des réserves en pétrole surtout, et des capacités mondiales de production, et la difficulté croissante à aller rechercher les dernières
réserves en pétrole ou charbon, la production ne fait que baisser même si la demande augmente toujours de plus en plus.


Alors pourquoi se baser sur des scenarii impossible mathématiquement & physiquement ?


Alors pourquoi se faire peur ?


Il n'en reste pas moins que pour faire infléchichir, voire même revenir à la normale, la courbe de la montée en température moyenne de notre belle planète Terre, il est nécessaire pour chaque
humain sur Terre de planter 10.000 arbres dans sa vie.


Calcul réalisé par Tony Andersen du mouvement international de la Permaculture http://permaculture.tv/save-the-planet-with-permaculture-tony-andersen-of-klimaforum09/


Gros boulot mais réalisable !!!

Benoît Thévard 04/01/2012 08:52



Bonjour Véronique, nous ne sommes malheureusement pas arrivés à tous les pics de production. La seule production qui diminue actuellement est celle de pétrole conventionnel, que nous compensons
avec des hydrocarbures non conventionnels. Le pic de gaz est prévu vers 2030 et de charbon vers 2055. D'ici là, la production comme la demande devraient augmenter, sauf en cas de crash économique
(qui nous pend au nez) !


Il y a donc de quoi se faire peur, surtout lorsque l'on constate les emballements qui ont déjà lieux avec la fonte du permafrost dans l'arctique et la libération massive de méthane.


Alors plantons des arbres et surtout, arrêtons de consommer tous ces hydrocarbures ...vite !



Ecospam 16/12/2011 17:01


C'est très bien de "penser" les penseurs, mais concrètement on fait coment pour amélioer la résilience dans une grande ville? C'est ça qui manque maintenant : du concrèt
opérationnel.